mardi 10 mars 2009

# 13 : Annexes et Bibliographie

Document annexe :
Les paroles et la traduction de « I wanna kill Sam » de Ice Cube.


"The army is the only way out for a young black teenager.
We'll provide you with housing.
We'll provide you with education.
We'll provide you with everything you need to survive in life.
We'll help you to be the best soldier in the U.S. of A."

"Because we do more before 7 A.M.
than most niggers do in their whole lifetime."

[Cube] Huh-huh, huh-HAH..
"I'm comin!" [repeat 3X]
[Cube] I'm comin!

I wanna kill him, cause he tried to play me like the trick
but you see, I'm the wrong nigga to fuck with
I got the A to the motherfuckin K, and it's ready to rip
Slapped in my banana clip
And I'm lookin.. (lookin..)
Is he in Watts, Oakland, Philly or Brooklyn?
It seems like he got the whole country behind him
so it's sort of hard to find him
But when I do, gotta put my gat in his mouth
Pump seventeen rounds make his brains hang out
Cause the shit he did was uncalled for
tried to fuck a brother up the ass like a small whore
And that shit ain't fly
So now I'm settin up, the ultimate drive-by
And when you hear this shit,
it make the world say "DAMN! .. I wanna kill Sam."

"Do the niggaz run this moth-er-fuck-er?" [repeat 2X]

[door knocking]
"Momma!! Some man at the front do'!"
"Sit yo' ass down."
"Uhh hi.. I have reason to believe that someone in this household
has just turned eighteen, am I correct?"

Here's why I wanna kill the punk
cause he tried to take a motherfuckin chunk of the funk
He came to my house, I let 'em bail in
cause he said he was down with the L.M.
He gave up a little dap
then turned around, and pulled out a gat
I knew it was a caper
I said, "Please don't kill my mother," so he raped her
Tied me up, took me outside
and I was thrown in a big truck
And it was packed like sardines
Full of niggaz, who fell for the same scheme
Took us to a place and made us work
all day and we couldn't have shit to say
Broke up the families forever
and to this day black folks can't stick together
And it's odd..
Broke us down, made us pray - to his God
And when I think about it,
it make me say "DAMN! .. I wanna kill Sam."

"I'm comin!" [repeat 3X]

Now in ninety-one, he wanna tax me
I remember, the son of a bitch used to axe me
and hang me by a rope til my neck snapped
Now the sneaky motherfucker wanna ban rap
and put me under dirt or concrete
But God, can see through a white sheet
Cause you the devil in drag
You can burn your cross well I'll burn your flag
Try to give me the H-I-V
so I can stop makin babies like me
And you're givin dope to my people chump
Just wait til we get over that hump
Cause yo' ass is grass cause I'ma blast
Can't bury rap, like you buried jazz
Cause we stopped bein whores, stop doin floors
So bitch you can fight your own wars
So if you see a man in red white and blue
gettin janked by the Lench Mob crew
It's a man who deserves to buckle
I wanna kill Sam cause he ain't my motherfuckin Uncle!

"We've gone nowhere in 200 years?"
"That's correct."
"We-we-we've gone nowhere in 200 years?"
"That's correct."
"We-we-we've gone nowhere in 200 years?"
"That's correct."
------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------


Je Veux Tuer Sam

L'armée est la seule porte de sortie pour un jeune adolescent noir
on te donnera un hébergement
on te donnera une éducation
on te donnera tout ce dont tu auras besoin pour survivre
on t'aidera à devenir le meilleur soldat de l'armée US

Parce qu'on fait plus de chose avant 7 heures du matin
que la plupart des nègres font en une seule vie.

huh-huh, huh-hah
j'arrive, j'arrive, j'arrive
j'arrive

je veux le tuer, parce qu'il a voulu me jouer un tour
mais tu vois, je suis pas le négro à qui il faut faire chier.
j'ai une putain de AK, et elle est prête a recevoir
mon chargeur
et je cherche... (cherche).
est-il dans le Watts, à Oakland, à Philly ou à brooklyn?
on dirait qu'il a tout le pays derrière lui
donc c'est dur de le retrouver.
mais quand je l'aurait fait, je lui mettrais mon gun dans sa bouche,
je le shooterais 17 fois pour faire éclater son cerveau
parce que ce qu'il a fait est déplacé,
avoir essayé d'enculer un frère comme une petite pute;
et maintenant c'est pas bon.
donc maintenant que je suis installé, voila l'ultime drive-by(2)
et quand vous entendrez ce putain de son
ça fera dire au monde entier "putain! ... je veux tuer Sam"

Est ce que les négros le contrôlent ce putain de truc? [2X]

"-maman!! Y’a un gars à la porte d'entrée!
-assis-toi
-hu-hum je crois qu'un homme dans cette maison vient d'avoir 18 ans, n'est ce pas?"

voila pourquoi je veux tuer le connard
parce qu'il a voulu prendre un putain de morceau de notre esprit
il est venu dans ma maison, je les ai laissé entrer
parce qu'il m'a dit qu'il était du L.M. (?)
il ma serré la main
s'est retourné, a sorti un flingue
j'ai su que c'était un gun
j'ai dit "s'il te plait ne tue pas ma mère", alors il l'a violée.
il m'a ligoté, m’a emmené dehors
et j'ai été jeté dans un camion,
c'était comme une conserve de sardine
remplie de negro, tombé pour la même chose.
il nous a emmenés quelque part pour travailler
toute la journée et on n'avait rien à dire.
il a cassé des familles pour toujours,
et depuis ce jour les noirs ne peuvent plus se supporter
et c'est bizarre..
il nous a fait craquer, nous a obligé a prier son dieu
et quand je pense a ça
ça me fait dire "putain!... je veux tuer Sam"

j'arrive, j'arrive , j'arrive

Aujourd'hui en 91, il veut me taxer.
je me souviens, le fils de pute avait l'habitude de me supprimer
et de m'attacher a une corde jusqu'à ce que mon cou craque.
maintenant le putain de rusé veux interdire le rap
et me mettre dans la merde ou dans du béton.
mais dieu merci, je peux voir à travers la blanche brebis
parce que t'es le diable déguisé.
tu peux brûler ta croix pendant que je brûle ton drapeau.
t'essaies de me filer le HIV
pour que j'arrête de faire des bébés comme moi
et tu donne de la dope à mes frères idiots.
attend juste que l'on dépasse cette colline
parce que ton cul est de l'herbe que je vais fumer
tu peux pas enterrer le rap, comme tu l'as fait avec le jazz,
parce qu'on a arrêté d'être des putes, de faire le plancher.
alors salope tu peux combattre dans tes propres guerres.
donc si tu vois un homme en rouge, blanc et bleu
se faisant tabassé par le Lench Mob Crew
c'est un homme qui mérite de se la boucler
je veux tuer sam parce que ce n'est pas mon putain d'oncle!

"-on est allé nulle part depuis 200 ans?
- c'est vrai
-on-on-on est allé nulle part depuis 200 ans?
-c'est vrai
-on-on-on est allé nulle part depuis 200 ans?
c'est vrai.

(1)l'oncle sam est le personnage représentant les USA, comme Marianne pour la France.
(2) assassinats de gangsters rivaux à l’arme automatique depuis une voiture.




Document Annexe :
James Bernard, un journaliste du magazine Hip-Hop The Source , nous décrit le spectacle apocalyptique de la Rébellion (c’est comme cela qu’il qualifie les évènements) qui a frappé la ville de Los Angeles en Avril-Mai 1992.

« Ils » ont appelé ça une émeute. De la destruction de masse nous disait-on, et ça n’était pas joli-joli. Ces pauvres gens détruisaient leur propre communauté. Seuls les noirs pillaient. Seuls les membres des gangs. C’était une foule conduite par la haine aveugle. Ils étaient poussés par la cupidité et la jalousie. Le verdict du procès de Rodney King n’avait été qu’une excuse pour les criminels qui n’attendaient que cette occasion pour piller. Ils l’auraient fait de toutes façons. C’est une tragédie nationale. Des images de verre brisé, d’immeubles en flammes et de bagarres brutales vinrent renforcer ces messages. Le vice-président clama que les émeutiers n’avaient aucun sens des valeurs et insistait sur le fait que personne n’avait de sympathie pour eux.
Ne croyez pas l’intox. Ce n’était pas une émeute. C’était une rébellion. Le 30 Avril 1992 fut le cri le plus articulé et le plus dramatique depuis la fin des années 60 pour demander un changement social. […] Parmi les noirs de L.A, le verdict du procès se traduisit en une colère et en une terreur trop fortes pour les mots. « Quand j’ai entendu ça, j’ai eu la haine » se lamente un jeune de 25 ans. Une lycéenne me confie :
« Tout de même 56 coups en 82 secondes…Il aurait pu mourir. A l’école, tout le monde espère qu’il ne sera pas le prochain un de ces jours. » « De quelle preuve a-t-on besoin quand tout le monde peut voir ce qui est arrivé en vidéo » se demande Darryl, 21 ans.
Pour de nombreux jeunes noirs, l’issue du procès Rodney King a confirmé les pires craintes : la police pouvait faire ce qu’elle voulait. Le système judiciaire pouvait dévier pour faire du tort aux Noirs. Sinon pourquoi aurait-on placé le projet à Simi Valley, une communauté conservatrice qui abrite de nombreux policiers à la retraite ? Les blancs étaient tellement effrayés par le crime et confiants envers la police que même face à des documents aussi accablants, ils n’ont pu se résoudre à trahir leurs chers hommes en uniforme bleu. […]
Tant dis que la fumée des incendies se disperse, je pars en voiture avec mon équipe autour de South Central. Je ne m’attends pas à être surpris mais je le suis. Vu que c’était une rébellion et non une émeute. Les commerces avaient été touchés pas les habitations, les écoles ou les églises. C’était la guerre des classes : sus aux propriétaires. Les journaux ont prétendu que les gens étaient restés SDF, mais les quelques appartements qui avaient brûlés n’étaient pas des cibles choisies.
De plus, ce fut le soulèvement le plus spontanément varié dans l’histoire de cette nation. Pour le dire simplement : tout le monde pillait. Un leader de gang lui-même fut surpris : « Il y avait des mexicains, des noirs, des gens handicapés, des petites vieilles qui ramassaient des trucs et qui pillaient. Des gens qui sont normalement considérés comme des citoyens respectables. Ils en ont marre d’avoir mal.» A San Francisco, la majorité des protestataires étaient de jeunes blancs. […]
Nous continuons notre route. Une rangée de six commerces : le premier a brûlé, les deux suivants sont intacts, les deux après ont brûlé et le dernier est debout. Seuls les magasins dirigés par des blancs ou des coréens ont été détruits. Nous passons devant un hôtel le Comfort Inn. Pas une égratignure. Pourquoi ? Greg, mon compagnon me lance : « Tu se souviens du morceau d’Ice Cube où il dit : « Je l’ai ramenée au Comfort Inn, je l’ai bordée sous les bras et on s’est mis à l’aise » dans I’m Only Out for One Thing ? C’est pour ça ! Où est-ce que les mecs iraient tirer s’ils n’avaient pas cet hôtel ? » […] Durant la semaine de troubles, les médias se demandaient « Quand vont cesser les problèmes ? » ou « La violence est-elle passée ? » mais ils ne voyaient pas la réalité de la situation : le soulèvement a été un soulagement après les « problèmes » et la « violence » présentes chaque jour pour les Noirs et les Hispaniques de Los Angeles. Une femme du quartier me dit même : « C’était comme un réveil. Ce qui s’est passé - je hais pourtant ça - a réveillé non seulement Los Angeles mais d’autres états, d’autres pays… C’est peut-être ça la purification par le feu. Maintenant il y a le gouverneur et le président qui débarquent .Si il fallait une incendie pour ça, alors c’est tout L.A qui aurait dû brûler. Je ne voulais pas qu’il y ait du pillage, mais j’aurais moi-même aimé brûler quelques endroits à Hollywood. Croyez-moi. »

James Bernard, « The L.A Rebellion : Message behind the madness ».
The Source, 1992



Document annexe : Article les rappeurs réagissent

« Pour beaucoup, y compris Soulja Boy, Busta Rhymes, Juelz Santana, Maino, Bow Wow et Nas, Mardi aura été la première fois où ils sont allés voter. D’autres, comme Diddy, Mary J. Blige et Jay-Z, ont travaillé sans relâche aussi bien en ligne qu’en personne, en encourageant les gens à aller aux urnes. Young Jeezy a concocté un titre intitulé « My President », tandis que WillI.Am a écrit un trio de tracks fièrement pro-Obama »

« Obama ! » hurlait Fat Joe, en regardant les nouvelles sur la victoire du sénateur de l’Illinois de sa demeure à Miami. Il gigotait dans sa chaise comme un gamin. « C’est le vote Latino ! » s’écria-t-il. « C’est tout simplement incroyable de savoir que Barack Obama est notre président. C’est la chose la plus géniale ! » a lancé Usher. Kanye West reconnaît cette victoire sur son blog, en postant une image du sénateur avec l’intitulé « Coucou Maman, Obama a gagné ! ».

« La vision de la génération hip hop et des jeunes est glorieuse ce soir » déclarait Russell Simmons mardi soir. « Alors que beaucoup d’Américains plus âgés, qui se sont manifestés et qui ont lutté pour que le sénateur Obama puisse entrer en lice à la présidence des Etats-Unis, n’ont jamais osé croire au véritable potentiel de son candidat, les jeunes, en particulier la communauté hip hop, avait la foi, et leur rêve est devenu réalité. L’élection d’Obama en tant que président est un merveilleux hommage à la conscience collective US qui est en train de s’épanouir » continue Simmons.

« C’est le jour dont je suis le plus fier » affirme Nick Cannon par e-mail. « Nous avons élu un leader qui représente le changement et l’unité. Barack Obama s’est fait une place dans l’histoire en un véritable flambeau d’espoir ! ».

Même des artistes outre-atlantiques étaient enthousiastes de partager leurs réactions. « Je suis enchantée ! Je viens d’apprendre les nouvelles. Je suis si fière des Américains pour réaliser ce changement !!! Dirigeons-nous vers un formidable nouveau futur !!!! » a écrit Estelle dans un e-mail.

Ces derniers jours, Rick Ross a peiné à surmonter la perte tragique de son ami et partenaire d’affaires, Shakir Stewart, mais a retrouvé l’espoir à travers les résultats de l’élection. Il était si content et ébloui par la victoire d’Obama qu’il en perd les mots, chose qui arrive très rarement. « Je suis tout simplement… Pour être honnête, je suis sans voix. Je pense que nous devrions tous l’être » affirme Rick Ross. Le rappeur, aussi connu sous le nom de The Boss, a également commenté le discours d’acceptation du nouveau président US : « Il a montré son niveau de classe. Il a loué John McCain. Il a remercié son équipe, son conseiller politique pour avoir peut-être monté la meilleure campagne de l’histoire. Je dirais qu’il a le soutien du peuple. Une phrase qui m’a le plus touché était que cela n’a aucun sens que Wall Street soit au top alors que Main Street souffre plus que jamais. Cela a toujours été le centre du problème aux Etats-Unis ces dernières années. »

« Mon président est noir » a triomphalement lancé Jeezy, en entendant la victoire d’Obama. Le natif d’Atlanta, qui a travaillé dans le camp Obama en encourageant les inscrits par téléphone à aller aux urnes, a fêté l’événement.

La vidéo de « My President » sortira dans quelques semaines. Par ailleurs, Nas a sorti une mini chanson appelée « Election Night »
mardi. Il l’a enregistrée tôt dans la matinée du 4 novembre alors qu’il était en tournée en Norvège. Toujours au niveau des œuvres créées à l’occasion, Will.I.Am a livré sa dernière chanson accompagnée d’une vidéo, « It’s a New Day », le 5 novembre dernier.

Diddy, toujours aussi modeste, pense que son vote aura été celui qui a permis au Démocrate d’être le premier président afro-américain. Son vote, dit-il résulte d’un sentiment intense de pouvoir et de joie. De son vrai nom Sean Combs, le rappeur a voté dans une école de Manhattan. Diddy avait rejoint Jay-Z et Mary J. Blige à Philadelphie afin d’encourager les gens à voter Démocrate. 10 000 personnes étaient rassemblées pour voir les superstars du hip hop et du rnb en face du Uptown Theater.

Sur place, voici ce que Jay-Z a exhorté : « J’ai besoin d’un peu de silence. Je veux que vous compreniez ce que je vais vous dire. Rosa Parks s’est assise de sorte que Martin Luther King puisse marcher. Martin Luther King a marché afin qu’Obama puisse courir. Obama est en train de courir pour que nous puissions tous nous envoler. »

Document annexe : réaction de Jay-Z suite à l'investiture de Barack Obama

Le rappeur Jay-Z dira lors de l’investiture du président :

« Nous devons l'aider. Nous devons absolument le supporter. Nous devons faire tout ce que nous pouvons. Nous devons faire n'importe quel service communautaire ou d'autres choses pour l'aider. Ce n'est pas un travail facile. On ne peut pas juste taper des mains et c'en est fini. Il s'attelle à un dur labeur. »


Le rappeur enchaîne :

« Le pire boulot au monde – le meilleur et le pire boulot au monde, parce qu'il a tant à faire. Et les gens doivent vraiment comprendre ça. Il y aura des jours où vous ne serez pas d'accord avec ce qu'il fait et vous pourriez penser qu'il ne tient pas parole, ou des trucs comme ça. Mais nous avons à être là pour le supporter lors de ces quatre prochaines années, ou s'ils font bien les choses, lors de ces huit années à venir. Et nous voulons absolument les huit années. »

Document annexe : Interview de Booba pour Vice Magazine

L’interview de Booba pour le magazine Vice Magazine est la preuve de cette nouvelle philosophie rapologique.

On était hyper impressionnés à l’idée d’interviewer Booba parce que c’est notre rappeur préféré depuis bientôt dix ans, et que comme nous, on n’en a pas beaucoup plus de 20, ça représente une bonne partie de nos jeunes existences. On craignait de se trouver face à quelqu’un dépourvu d’une envie folle de discuter avec nous. Finalement, quand on l’a rejoint dans un café à Boulogne, il était en train de se resservir du thé. Ça nous a tout de suite vachement détendus.

Vice : Avec un nuage de lait, ton thé ?

Booba : Ha ha ouais. Un nuage de lait, à la british.

Sur « Cash Flow », un morceau qui se trouve sur Autopsie vol. 1 et qui date de 1995, tu parlais de « partir au Mexique grâce à ton lexique ». On s’est toujours demandé si tu pensais déjà vraiment à faire du fric à l’époque ou si c’était juste pour l’egotrip.

En fait, c’était le single du premier album de Lunatic, qui lui n’est jamais sorti. J’avais déjà la volonté de faire du blé. J’avais la dalle quoi, je voulais faire des thunes grâce au rap. Ou sans rap.

Tu faisais des thunes autrement, aussi ?

Ouais, je me démerdais. Je faisais pas des millions mais ça me permettait de survivre.

Donc ça aurait pu se passer autrement ?

Ça aurait pu ne pas marcher du tout. Cet album, par exemple, il est même pas sorti. C’est l’époque ou je traînais avec les Sages Poètes de la Rue et Beat 2 Boul. Quand on le réécoute, on sourit parce qu’il y a plein de trucs que je dis dans ce texte qui sont vrais aujourd’hui.

Et le Mexique alors ?

J’y suis pas allé encore, mais si je veux, j’y vais demain.

Mais, t’aurais continué le rap si t’avais pas fait de fric ? T’as toujours eu un côté « je m’en bats les couilles du rap », et en même temps ça représente une grande partie de ta vie.

Je l’ai fait parce que ça marchait, mais depuis le début je dis : « Si ça marche pas, j’arrête. » J’aime ça, mais faut que ça me permette de vivre. Je pourrais très bien me contenter d’en écouter et d’acheter les albums qui me plaisent. Je ferais pas du rap par passion. Dès le début, c’est un truc que je savais. Si Mauvais Œil s’était vendu à 2 000 exemplaires, j’aurais fait : « OK, c’est bon… » On m’aurait demandé : « Tu fais du rap toi ? », j’aurais répondu : « Non, je fais pas de rap non, je connais pas. »

Même si tu sentais que t’avais du talent ?

Si j’avais vendu 2 000 albums, ça aurait voulu dire que le talent, soit j’en avais pas, soit il était bien caché. Mais bon quand je dis : « on s’en bat les couilles du rap », c’est plus dans le sens ou je suis pas très « famille du hip-hop ». Je suis plutôt dans mon coin. Je suis pas là à militer pour un mouvement, je fais mes sons, je kiffe, ça marche, tant mieux, et puis demain quand je ferai plus de rap, ce sera « voilà quoi, salut ».

Donc t’envisages vraiment d’arrêter ? Dans l’album qui sort, tu fais des phases à la Jay-Z pour prévenir que tu prévois d’arrêter le rap.

Ouais, je pense que j’ai bien entamé la seconde période de ma vie de rappeur. Moi, je compare toujours le rap au sport, j’arrêterai quand il le faut, je ferai pas l’album de trop. Comme un boxeur, quoi. Faut toujours être dans la compétition et dans l’air du temps. En D2, je continue pas. Si un jour j’ai l’impression d’être has been, je vais pas forcer. Ce que font NTM ou IAM maintenant… J’arrêterai avant de faire mon « Coupe le cake ».

Ha ha. Donc c’est quand même pas pour tout de suite.

Non, mais demain si je trouve un Booba à produire, ça me dérangera pas d’être dans l’ombre. J’ai pas besoin de briller ou qu’on me reconnaisse dans la rue, je fais pas ça pour ça. Il y a des gens qui ont besoin d’avoir un public, d’être acclamés et tout. Moi, je le dis franchement, j’en ai rien à foutre.

Justement, depuis le début, sur « Hommes de l’ombre » par exemple, t’apparais comme quelqu’un qui veut pas se mettre en avant. Comment tu gères le fait d’être exposé ?

T’apprends, tu deviens un professionnel. Tant que ça reste dans le cadre de la musique, genre faire des clips et tout, j’aime bien. Mais la télé et ce genre de trucs, j’aime moins. Si je pouvais le faire à la Mylène Farmer, je le ferais.

Et avec Lunatic, vous cherchiez pas aussi un peu à en jouer pour vous démarquer du milieu du rap ?

Non, on était comme ça. C’est comme à l’école, quand le prof demande d’aller au tableau, sshhhhhh, direct tu te mets à côté du radiateur. C’était un peu l’état d’esprit, quoi. On faisait ça comme ça, c’était pas notre rêve d’être sous les projecteurs. Moi, j’ai jamais voulu rapper.

Ça pouvait venir de là, le fait que ton écriture était différente de celle de la plupart des rappeurs de l’époque, au point que des revues littéraires s’y sont intéressées ?

Franchement, j’ai été flatté que des gens extérieurs au milieu du rap puissent s’y intéresser. L’article de la NRF était réussi, j’ai été surpris que le mec me comprenne aussi bien alors que pour moi, si t’as jamais vécu ça, c’est pas vraiment évident de saisir de quoi je parle. Ça m’a étonné.

C’est un truc qui peut te faire lire les gens auxquels t’as été comparé ?

Ha, Céline et tout ? Non, j’ai toujours pas lu. J’arrive pas à lire en fait, j’ai du mal à me concentrer sur un livre, je sais pas pourquoi. Je sais que c’est mortel de lire et que c’est chanmé de se mettre dans un bouquin, je l’ai déjà fait, mais j’ai pas lu depuis des années. La dernière fois que j’ai lu un livre, j’étais au mitard, c’était un livre sur les cafards ou un truc baisé. En ce moment j’y arrive plus, je réfléchis trop, j’arrive pas à rester concentré.

Alors ça te vient d’où ce besoin d’avoir des textes aussi précis et travaillés ? Parce qu’en même temps tu n’as rien à voir avec toute cette tradition française du rap à texte.

J’en sais rien, mais je pense que c’est la façon de dire les choses qui est différente, plus que les mots que j’utilise. Mais je sais pas, je peux pas vraiment l’expliquer.

T’étais bon à l’école ?

J’étais bon en anglais, nul en maths. Enfin, c’est pas que j’étais nul mais je foutais rien.

Et en français ?

J’étais pas terrible, par contre depuis l’école j’aime bien les poèmes, « Le dormeur du val », les trucs comme ça. Je captais les images, les rimes mariées, embrassées, ça m’a marqué à l’époque. C’est peut-être pour ça que j’écris comme ça. Ça m’a intéressé, quoi. Quand j’écris, je me prends la tête sur des détails, savoir si je dois mettre un et ou un ou, sur la syntaxe, le placement des mots… En même temps j’adore dire de la merde, des trucs impulsifs.

C’est ça qui fait que t’as une écriture éclatée et que tu as rompu avec l’idéologie du morceau à thème ?

Pour moi c’est comme du sport, faut que ça s’enchaîne. Le rap, ça pourrait se résumer à de la punchline et des images. Comme un uppercut, quoi. Déjà, un thème c’est quoi ? Tu veux que je te parle de politique, de trucs comme ça ? Je l’ai déjà fait dans « La Lettre » à l’époque et maintenant dans le nouvel album avec le morceau « 0.9 », mais ça arrive rarement.

Ça veut dire quoi d’ailleurs « 0.9 » ? C’est aussi le nom de ton nouvel album.

C’est une référence à la cocaïne. C’est de la pure quoi, coupée à 10 %. C’est un comparatif avec ma musique. C’est pas coupé. Ce morceau je l’ai écrit d’un trait, quand j’étais dans l’avion. Je crois que c’est ça qu’on appelle l’inspiration, c’est comme de la magie en fait. Des fois quand j’écris ça sort un peu tout seul, et c’est ce qui s’est passé pour « 0.9 ». C’est aussi pour ça que parfois je fais des textes sans refrain, parce que je peux pas m’arrêter d’écrire. Je sais que si je m’arrête, je pourrai jamais revenir dessus parce que j’arriverai jamais à me remettre exactement dans cette lignée-là. Je sais pas si je me fais comprendre, mais c’est comme un peintre, des fois il prend sa toile et il galère, et d’autres fois il est extralucide. Même en sport c’est comme ça. Des fois tu vas faire des sales coups bas et tout, et parfois tout ce que tu fais ça réussit, l’autre tombe KO.

Et donc tu travailles tout le temps à ta musique ?

Ouais, en permanence. Des fois, j’ai une rime qui vient et je la note dans mon Blackberry, je me dis qu’elle servira pour plus tard, alors que je suis en train de faire un truc qui n’a rien à voir.

Même quand t’es avec un 90 B à bord de ta Ferrari ?

Ouais, voilà. C’est un 90 D en fait, ha. Qu’est-ce qu’il fait votre photographe là, l’inspiration s’est déclenchée ? On dirait qu’il veut me prendre en train de mettre un nuage de lait dans mon thé.

On a vu des interviews de toi au moment des élections de 2007, et tout le monde te demandait quelles étaient tes opinions politiques. T’esquivais les questions à chaque fois.

Ouais, c’est un rôle que je refuse de jouer. J’ai jamais voulu parler de ce genre de trucs. Il y en a d’autres qui rêvent de faire ça pour être des personnages publics, faire passer un message, je sais pas quoi. Moi, je fais pas du tout ça. Je veux que tu mettes mon son dans ta voiture et une fois que le morceau est fini, ça s’arrête. Ça va pas plus loin. Après, si ça te fait réfléchir c’est cool, mais c’est pas dans mes objectifs. En fait, quand j’écris, c’est comme si j’écrivais pour moi.

C’est un peu ce qu’on disait tout à l’heure, tu te mets pas en avant. T’as jamais été dans le délire relou du porte-parole d’une génération.

Ouais, ça serait prétentieux en plus. Tu veux que je prenne la parole, mais je suis qui moi, qui veut m’écouter ? J’ai jamais écouté personne, moi. OK j’ai quelques modèles, des Malcolm X, des machins comme ça, mais bon c’est pas des rappeurs. J’écoute plus Conan le Barbare moi, ha ha.

Mais ça t’est quand même arrivé d’écouter des rappeurs politisés ou pas du tout ?

Non. À la limite Dead Prez sur un single mais ça a jamais été plus loin. Au bout d’un moment ça me casse les couilles.

Tout le microcosme rap français te crache dessus en disant que t’es trop américain alors que t’importes juste les trucs qui se font là-bas avant les autres.

Moi, je fais du rap, je fais pas la différence entre la France et les États-Unis. Je me dis jamais que je copie les Américains ou quoi que ce soit. En boxe, quand y’a un nouveau coup de coude qui vient de sortir en Thaïlande, jamais tu vas te dire : « Non, je peux pas le faire celui-là, il vient de là-bas. » Tu te poses pas la question.

Mais y’a quand même tout le temps eu chez toi une sorte d’obsession pour les États-Unis. Là, t’en reviens tout juste, par exemple.

Je fais pas mal d’allers-retours. Je vis entre ici et là-bas, en fait. Je suis plus ou moins déjà installé entre Miami et Los Angeles mais je reviendrai quand même toujours ici à un moment ou à un autre. C’est ici que j’ai mes racines.

Qu’est-ce qui t’attire autant dans le fait d’aller aux États-Unis ?

Bah déjà c’est à cause de toute la musique que j’écoute. Et puis même la mentalité, c’est différent d’ici, et je préfère. Y’a du racisme autant qu’ici mais c’est pas hypocrite. Tout le monde reste chez soi, on se retrouve tous ensemble pour faire nos trucs et jamais personne ne se regarde de travers. Les Italiens, les Cubains, les Haïtiens, les Chinois, ils sont tout le temps ensemble et personne vient les faire chier.

Mais justement, c’est peut-être encore plus hypocrite ce système communautaire, dans le sens où tu laisses croire aux étrangers qu’il n’y a aucune différence entre la vie dans le pays où ils sont et celle qu’ils menaient dans leur pays d’origine.

Sérieux, je pense que c’est beaucoup plus hypocrite de faire semblant de parler d’intégration, comme si on allait tous vivre ensemble. Parce que je pense pas que les gens du 16ème aimeraient avoir une famille sénégalaise sur leur palier, tu vois. Ils aimeraient pas avoir une odeur de riz et de poisson dans l’ascenseur, je crois. Alors qu’ils arrêtent de faire genre ça ne les dérangerait pas qu’on vive avec eux. C’est un truc de politicien ça, c’est du bluff.

Et qu’est-ce qui te fait penser que le système américain est meilleur ?

Bah, on est comme des animaux. Des animaux supérieurs mais des animaux quand même. Et dans les animaux, y’a les lions qui sont avec les lions, les gazelles qui sont avec les gazelles etc. Quand c’est la sécheresse, ils se retrouvent autour d’un point d’eau, et là tu vois des lions, des crocodiles et des flamants roses, mais une fois qu’ils ont tous bu, c’est terminé, ils rentrent chez eux. Je compare toujours ça à Manhattan. Tout le monde est mélangé pendant la journée de taff, c’est comme dans la brousse, et à la fin de la journée tout le monde rentre chez soi. T’as les quartiers latin, italien, russe, chinois qui sont désertés le jour et qui se remettent à vivre quand le soir tombe. Y’a rien de mal à ça. Quand t’es portugais t’es content de te retrouver avec des mecs qui parlent ta langue, qui connaissent l’endroit d’où tu viens et qui ont la même culture que toi.

Mais ce genre de ghettos contribue à renforcer les inégalités sociales, non ?

Non, pas forcément, parce que quand t’es avec tes potes, tu fais des trucs pour t’en sortir plus facilement. Tu fais des petits business sous le manteau vite fait et ça passe tout seul. Tu vas dans le Bronx, tu demandes un taxi et c’est un immigré qui parle même pas anglais qui va arriver en bas de chez toi. C’est la débrouille et du coup, jamais t’auras de discrimination à l’embauche. OK, ça crée des ghettos, mais c’est faux de dire qu’il n’y en a pas en France. À Boulogne, tu vas avoir un Sonacotra, à côté un foyer pour Roumains, c’est la même, c’est des petits bouts de ghettos implantés un peu partout. Alors que là-bas ça va juste être regroupé en gros blocs. Chaque fois que j’y vais, je me sens à ma place. Personne me regarde chelou ou quoi, je sens jamais que je suis le seul noir dans la rue.

Et t’as suivi un peu la campagne électorale quand t’étais là-bas ? T’en penses quoi d’Obama ?

Franchement tu vois les mecs là-bas comment ils sont à donf sur lui, t’es obligé de suivre. Les gars ils ont des tee-shirts, des casquettes et tout, c’est un truc de ouf. Même les mecs du hood (du ghetto) et les rappeurs ils supportent à fond. Ils s’en battent les couilles quand c’est un Bush qui est au pouvoir, mais pour Obama c’est plus la même. Tous les noirs sont solidaires là-bas. C’est ça qui permet à un type comme Obama d’arriver au pouvoir, alors qu’en France, pour s’intégrer, il faut faire des études, être bon à l’école, ce genre de trucs.

Tu veux dire qu’il faut être Abd Al Malik.

Ouais voilà. Moi, comme j’ai vu que j’y arrivais pas, j’ai fait : « OK, je m’en bats les couilles, je fais mon truc tout seul, je sors du système. » Exactement l’inverse de ce qu’on nous demande de faire, en fait.

Interview de Rémi Wallon et Julien Moral pour Vice France en Novembre / Décembre 2008.


Vidéo des samples de Lupe fiasco


Bibliographie :

Olivier Cachin - L'offensive rap

Editeur : Gallimard (23 janvier 1996)
Collection : Découvertes Gallimard

# CONCLUSION.

30 ans après les premières block parties, le rap est arrivé à l'âge adulte. Pour devenir un genre "grand public" et s'affranchir de l'étiquette de "culture alternative", il s'est diversifié jusqu'à couvrir tout le spectre de la production musicale et ce, par divers moyens.
Cette musique au versant progressiste a généré une nouvelle gamme de businessmen noirs.

Insaississable et multiforme, le rap n'a cessé de se diviser en sous-genres et d'évoluer à chaque mutation. Il sait se faire pop, hardcore, jazzy, funky, surréaliste. Malgré des tentative de récupération, malgré une image caricaturale souvent relayée par les médias, malgré une diabolisation systématique, la culture rap, après en avoir été longtemps exclue, est devenue une composante incontournable de la culture populaire.

lundi 2 mars 2009

# 12 : Stigmatisation et reprise du stigmate.






Les stigmates associés au rappeur, en outre l’attrait pour l’illégal dès qu’il se présente, la violence verbale ont été détournés dans le but de créer une parodie. En France, certains humoristes se sont amplement servis de ces stigmates. Citons Fatal Bazooka, un groupe de rap parodique composé de Michaël Youn, Vincent Desagnat et Benjamin Morgaine. La pochette de leur album T’as vu est une image retouchée de Michaël Youn, torse nu et muscles saillants, à la manière du rappeur américain 50 Cent (voir la couverture de The Massacre). Le phénomène est lucratif, car leur titre « Fous ta cagoule » est resté numéro 2 des ventes de singles durant le mois de Décembre 2008. PASSYMAL, composé de 3 jeunes issues de la haute société chic parisienne en paradoxe total avec la vraie « culture rap » défit Fatal Bazooka dans leur chanson « Pas si Mal », au clip ridicule. Le groupe y dénonce l'imposture de Fatal Bazooka dans une "rapodie".
Leur intervention, ne sera qu’un pur effet médiatique et n’aura absolument aucun impact sur le succès des Fatal Bazooka.

# 11 : Les albums rap expérimentaux.


Les rappeurs américains couronnés de succès tels Kanye West (meilleur album rap de 2007 avec Graduation et aussi le plus vendu) et Lil’ Wayne (meilleur album rap de 2008 avec Tha Carter III et récompensé par 4 grammy award dont celui du meilleur rappeur de l’année 2008) expriment leur pensée commune : Ils ne veulent plus être considérés comme des rappeurs mais comme des artistes à part entière. Ils se lancent donc dans l’expérimentation, le premier sort 808’s and heartbreak , un album relatant ses souffrances suite à au décès de sa mère et à sa rupture avec sa petite amie. 808s & Heartbreak lorgne davantage vers le R'n'B ou même la pop. Kanye West chante ici sur tous les morceaux en utilisant l'Auto-Tune, un logiciel modulant la voix, en la rendant métallique comme celle d'une robot. Quand a Lil' Wayne, il compte sortir un album rock qui sera baptisé The Rebirth avant la fin du premier semestre de 2009.

#10 : III. 4 : Le rap inonde nos écrans.


Les grandes chaînes de divertissements ont compris l’atout que représentait les rappeurs. La chaîne MTV a donc nettement mis en avant certains rappeurs notamment les plus vendeurs dans un autre milieu que le leur. P.Diddy, l’homme polyvalent du rap, possède deux émissions sur la chaîne musicale, Making The Band , programme consistant à trouver les personnes idéales pour finalement former un groupe de talent qui sera sous l’aile protectrice de P.Diddy, le mentor des stars.

La seconde Je veux être l’assistant de P.Diddy a un nom révélateur, en effet, l’artiste est à la recherche d’un assistant . Une compétition redoutable se livre entre les candidats qui sont prêts à tout pour se présidiaux postes. Les rappeurs ont même des shows sous la forme d’une série télévisé familiale on peut citer Snoop Dogg et sa série Snoop Dogg, Marié 3 enfants ou Run’s House de Run du groupe phare Run DMC . Dans ces programmes les rappeurs sont confrontés à des problèmes banals, et sont davantage montrés sous l’angle d’un père de famille ou d’un mari. L’image du rappeur s’est donc adouci et l’américain moyen peut donc s’identifier à lui.


Depuis quelques années, l'industrie du cinéma est de plus en plus attiré par la vie des rappeurs. A l'instar du rappeur blanc de Détroit Eminem qui joue dans le film 8 Mile le rôle de Jimmy Smith Jr. vit de part et d'autre de la 8 Mile Road, démarcation entre banlieue blanche et quartiers noirs de Détroit. On peut considéré ce film comme un semi-biographie de ce rappeur car il s'est largement inspirés de la vie tourmentée de celui-ci. Avec le titre Lose Yourself extrait de la bande-son du film , Eminem remporta l'Oscar de la meilleure chanson originale en 2002.
Le protégé d'Eminem, 50 Cent s'essaya aussi au cinéma en jouant aussi une semi-autobiographie Get Rich or die tryin' (portant le même nom que son deuxième album). Le succès commercial était là , en effet le film a rapporté exactement 46,442,528 $ dans le monde. En revanche, la critique était loin d'être unanime car En mars 2006, le film était classé 27e dans le top 100 de l'Internet Movie Data Base des plus mauvais films de l'histoire du cinéma.
Un biopic sur la fulgurante carrière de Notorious BIG mort en 1997, tué par balles est sorti dans les salles américaines le 16 Janvier 2009 au Etats-Unis. Le film nommé Notorious comme une de ses célèbres chansons a été en partie produit par P.Diddy, le meilleur ami de la légende du rap.

#9 : Un mariage possible - rap engagé/commercial


On peut allier le rap engagé au rap commercial . Le paysage rap français compte comme exemples la chanteuse Keny Arkana milite pour des causes proches de la philosophie alter mondialiste (voir annexe. Keny Arkana - Ordre Mondiale) et le groupe Sniper, le premier groupe de rap à appeler explicitement les jeunes de banlieue et fils d'immigrés au vote, moyen de résistance non violent. Ces artistes sont respectés dans le milieu du rap, et sont non moins vendeur de disques.

#8 : III.2 : Une nouvelle ère technologique.


L’underground* (= mot anglais désignant une culture alternative en marge de la société) ne séduit plus. Et le rap comme l’ensemble de la musique doit faire face à une nouvelle donne technologique due à l’essor du téléchargement illégal . Cependant, grâce à des plates-formes tels Myspace , connu pour héberger de nombreuses pages internet de groupes de musique connus ou non et de Djs qui y entreposent et présentent leurs compositions musicales dans le but souvent de se faire connaître. Les magazines spécialisés comme Rap2k ou Booska-P ont émergé sur Internet, tandis que la presse rap a immergé comme le reste de la presse écrite.
Des magazines comme Get Busy ou Radikal ont complètement cessé d'être distribué par exemple.