C'est avec l'apparition des radios libres que le rap commence à être radiodiffusé et en 1984 des émissions télés voient le jour comme « Hip-Hop » sur TF1 présenté par Sidney. Il fut le premier rappeur français connu du "grand public".
C'est d’ailleurs grâce à cette médiatisation que le mouvement hip-hop devient populaire en France, qui deviendra la deuxième nation rap.
C’est à la fin des années 80 que le rap français arrive avec les premiers freestyles de NTM, Assassin, Solaar en direct dans l'émission « Deenastyle » sur Radio Nova présentée par Dee Nasty.
Le rap français commence à prendre de l'ampleur et des compil' comme « Rap attitude » permettent de révéler au grand public la 1ere génération de rappeurs français NTM, Assassin, Solaar, IAM, Ministère A.M.E.R.

La médiatisation se poursuit avec « Rapline » sur M6 présenté par le célèbre Olivier Cachin et la naissance de magazines comme « l'Affiche » et « Get Busy ».
Au début des années 90, les rappeurs français commencent à sortir leurs premiers albums et Mc Solaar réussit à intégrer le rap dans le paysage musical français par son style calme et poétique avec le tube "Bouge de là".
Les compilations se multiplient et on voit arriver de nouveaux groupes de plus en plus nombreux.
Le rap positif, léger et funky envahit la musique française avec Alliance Ethnik, Ménélik, Réciprok, Doc Gyneco. Quelques-uns remportent même des Victoires de la musique.
Le rap hardcore est aussi présent : NTM, Assassin ou le Ministère AMER témoignent de la dure réalité avec des textes très crus. D'ailleurs l'affaire NTM (prison+amende+6 mois d'interdiction d'exercer en France pour propos haineux envers la police) fait trembler l'opinion publique.
C'est ce coté du rap français qui est apprécié des puristes.
Entre le rap cool et le rap hardcore, une multitude de groupes font leur premiers pas grâce à des compils de plus en plus nombreuses : les Sages Poètes 2 la rue, Fabe, la Cliqua,TSN ainsi que Cut killer qui sort une multitude de mix-tapes.
En 1997-1998 , des labels se fondent, des crews se forment, on assiste à la naissance rap business qui fait des ravages aux Etats-Unis.
Les artistes de l'ancienne école reviennent avec un nouveau stylecomme IAM et NTM donnant au rap français sa propre identité. Le temps où on copiait les américains n’est plus.
De nombreux nouveaux groupes apparaissent souvent par le biais de crews très puissants comme le Secteur Ä, le Côté Obscur ou Time Bomb : Arsenik, Hamed Daye, Fonky Family, 3ème œil, KDD, Oxmo Puccino, Lunatic, Expression Direkt, La Brigade.
La radio Skyrock devient LA radio rap en France et va énormément participer à la promotion des nouveaux groupes.
Le rap français se divise alors en deux: le rap commercial qui passe partout et génère beaucoup d'argent et le rap underground qui sera même boycotté et qui ne rapporte presque rien mais où les MC aiguisent leur style qui plaît à la masse.
Cette séparation souvent involontaire est symbolisée par Stomy Bugsy qui est passé du rap le plus harcore au rap le plus commercial. Mais ce ne sont pas les artistes qui dérivent, ce sont les maisons de disques qui (attirées par le bon filon du rap) sortent les titres les plus commerciaux des albums et véhiculent une image fausse de l'artiste. Cependant, de très bons albums sortent comme le 4ème de NTM qui fait l'effet d'une bombe, comme les albums d'Arsenik, Ideal J, Busta Flex, Zoxea … . Des compiles comme "Sad hill" et "ma cité va crack-er" relancent le vrai rap et réunissent des rappeurs célèbres et des inconnus de toute la France. Les concerts dans de grandes salles se multiplient démontrant le talent des rappeurs sur la scène.
Le rap est maintenant ancré dans le paysage musical français, a forcé la porte de tous les foyers envers et contre tous, et des débuts de réticences se font sentir dans les hautes sphères. On assiste donc au boycott drastique du rap et à la censure, les concerts sont de plus en plus interdits et les rappeurs ont une mauvaise image. La mode une fois passée, le rap peut enfin se libérer.
En 1999, la nouvelle école lâche ses premières bombes épaulée par les anciens et par Skyrock (qui devient presque indispensable pour
lancer un album).On assiste au succès de Pit Baccardi, Freeman, Bisso na Bisso, Saïan Supa Crew et bien sûr du 113 et de leur crew la Mafia k-1 fry. Le 113 réussit un exploit en étant littéralement adulé par les adeptes du rap et en même temps en remportant 2 Victoires de la musique.
En 2002, la carte du rap français est établie, il n'y a plus de nouveaux crews, les artistes du moment sont dans l'underground depuis longtemps et les quelques nouveaux sons intègrent les grands crews. C'est maintenant au niveau du son que le rap évolue, les instrumentaux deviennent plus électroniques et s'accélèrent. Les textes deviennent plus incisifs et portent moins de messages. La violence est plus présente et il semblerait que le rap français se dirige vers une américanisation du rap. L'album de Booba (ex membre de Lunatic) "Temps mort" donne le ton des années à venir.
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