Document annexe :
Les paroles et la traduction de « I wanna kill Sam » de Ice Cube.
"The army is the only way out for a young black teenager.
We'll provide you with housing.
We'll provide you with education.
We'll provide you with everything you need to survive in life.
We'll help you to be the best soldier in the U.S. of A."
"Because we do more before 7 A.M.
than most niggers do in their whole lifetime."
[Cube] Huh-huh, huh-HAH..
"I'm comin!" [repeat 3X]
[Cube] I'm comin!
I wanna kill him, cause he tried to play me like the trick
but you see, I'm the wrong nigga to fuck with
I got the A to the motherfuckin K, and it's ready to rip
Slapped in my banana clip
And I'm lookin.. (lookin..)
Is he in Watts, Oakland, Philly or Brooklyn?
It seems like he got the whole country behind him
so it's sort of hard to find him
But when I do, gotta put my gat in his mouth
Pump seventeen rounds make his brains hang out
Cause the shit he did was uncalled for
tried to fuck a brother up the ass like a small whore
And that shit ain't fly
So now I'm settin up, the ultimate drive-by
And when you hear this shit,
it make the world say "DAMN! .. I wanna kill Sam."
"Do the niggaz run this moth-er-fuck-er?" [repeat 2X]
[door knocking]
"Momma!! Some man at the front do'!"
"Sit yo' ass down."
"Uhh hi.. I have reason to believe that someone in this household
has just turned eighteen, am I correct?"
Here's why I wanna kill the punk
cause he tried to take a motherfuckin chunk of the funk
He came to my house, I let 'em bail in
cause he said he was down with the L.M.
He gave up a little dap
then turned around, and pulled out a gat
I knew it was a caper
I said, "Please don't kill my mother," so he raped her
Tied me up, took me outside
and I was thrown in a big truck
And it was packed like sardines
Full of niggaz, who fell for the same scheme
Took us to a place and made us work
all day and we couldn't have shit to say
Broke up the families forever
and to this day black folks can't stick together
And it's odd..
Broke us down, made us pray - to his God
And when I think about it,
it make me say "DAMN! .. I wanna kill Sam."
"I'm comin!" [repeat 3X]
Now in ninety-one, he wanna tax me
I remember, the son of a bitch used to axe me
and hang me by a rope til my neck snapped
Now the sneaky motherfucker wanna ban rap
and put me under dirt or concrete
But God, can see through a white sheet
Cause you the devil in drag
You can burn your cross well I'll burn your flag
Try to give me the H-I-V
so I can stop makin babies like me
And you're givin dope to my people chump
Just wait til we get over that hump
Cause yo' ass is grass cause I'ma blast
Can't bury rap, like you buried jazz
Cause we stopped bein whores, stop doin floors
So bitch you can fight your own wars
So if you see a man in red white and blue
gettin janked by the Lench Mob crew
It's a man who deserves to buckle
I wanna kill Sam cause he ain't my motherfuckin Uncle!
"We've gone nowhere in 200 years?"
"That's correct."
"We-we-we've gone nowhere in 200 years?"
"That's correct."
"We-we-we've gone nowhere in 200 years?"
"That's correct."
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Je Veux Tuer Sam
L'armée est la seule porte de sortie pour un jeune adolescent noir
on te donnera un hébergement
on te donnera une éducation
on te donnera tout ce dont tu auras besoin pour survivre
on t'aidera à devenir le meilleur soldat de l'armée US
Parce qu'on fait plus de chose avant 7 heures du matin
que la plupart des nègres font en une seule vie.
huh-huh, huh-hah
j'arrive, j'arrive, j'arrive
j'arrive
je veux le tuer, parce qu'il a voulu me jouer un tour
mais tu vois, je suis pas le négro à qui il faut faire chier.
j'ai une putain de AK, et elle est prête a recevoir
mon chargeur
et je cherche... (cherche).
est-il dans le Watts, à Oakland, à Philly ou à brooklyn?
on dirait qu'il a tout le pays derrière lui
donc c'est dur de le retrouver.
mais quand je l'aurait fait, je lui mettrais mon gun dans sa bouche,
je le shooterais 17 fois pour faire éclater son cerveau
parce que ce qu'il a fait est déplacé,
avoir essayé d'enculer un frère comme une petite pute;
et maintenant c'est pas bon.
donc maintenant que je suis installé, voila l'ultime drive-by(2)
et quand vous entendrez ce putain de son
ça fera dire au monde entier "putain! ... je veux tuer Sam"
Est ce que les négros le contrôlent ce putain de truc? [2X]
"-maman!! Y’a un gars à la porte d'entrée!
-assis-toi
-hu-hum je crois qu'un homme dans cette maison vient d'avoir 18 ans, n'est ce pas?"
voila pourquoi je veux tuer le connard
parce qu'il a voulu prendre un putain de morceau de notre esprit
il est venu dans ma maison, je les ai laissé entrer
parce qu'il m'a dit qu'il était du L.M. (?)
il ma serré la main
s'est retourné, a sorti un flingue
j'ai su que c'était un gun
j'ai dit "s'il te plait ne tue pas ma mère", alors il l'a violée.
il m'a ligoté, m’a emmené dehors
et j'ai été jeté dans un camion,
c'était comme une conserve de sardine
remplie de negro, tombé pour la même chose.
il nous a emmenés quelque part pour travailler
toute la journée et on n'avait rien à dire.
il a cassé des familles pour toujours,
et depuis ce jour les noirs ne peuvent plus se supporter
et c'est bizarre..
il nous a fait craquer, nous a obligé a prier son dieu
et quand je pense a ça
ça me fait dire "putain!... je veux tuer Sam"
j'arrive, j'arrive , j'arrive
Aujourd'hui en 91, il veut me taxer.
je me souviens, le fils de pute avait l'habitude de me supprimer
et de m'attacher a une corde jusqu'à ce que mon cou craque.
maintenant le putain de rusé veux interdire le rap
et me mettre dans la merde ou dans du béton.
mais dieu merci, je peux voir à travers la blanche brebis
parce que t'es le diable déguisé.
tu peux brûler ta croix pendant que je brûle ton drapeau.
t'essaies de me filer le HIV
pour que j'arrête de faire des bébés comme moi
et tu donne de la dope à mes frères idiots.
attend juste que l'on dépasse cette colline
parce que ton cul est de l'herbe que je vais fumer
tu peux pas enterrer le rap, comme tu l'as fait avec le jazz,
parce qu'on a arrêté d'être des putes, de faire le plancher.
alors salope tu peux combattre dans tes propres guerres.
donc si tu vois un homme en rouge, blanc et bleu
se faisant tabassé par le Lench Mob Crew
c'est un homme qui mérite de se la boucler
je veux tuer sam parce que ce n'est pas mon putain d'oncle!
"-on est allé nulle part depuis 200 ans?
- c'est vrai
-on-on-on est allé nulle part depuis 200 ans?
-c'est vrai
-on-on-on est allé nulle part depuis 200 ans?
c'est vrai.
(1)l'oncle sam est le personnage représentant les USA, comme Marianne pour la France.
(2) assassinats de gangsters rivaux à l’arme automatique depuis une voiture.
Document Annexe :
James Bernard, un journaliste du magazine Hip-Hop The Source , nous décrit le spectacle apocalyptique de la Rébellion (c’est comme cela qu’il qualifie les évènements) qui a frappé la ville de Los Angeles en Avril-Mai 1992.
« Ils » ont appelé ça une émeute. De la destruction de masse nous disait-on, et ça n’était pas joli-joli. Ces pauvres gens détruisaient leur propre communauté. Seuls les noirs pillaient. Seuls les membres des gangs. C’était une foule conduite par la haine aveugle. Ils étaient poussés par la cupidité et la jalousie. Le verdict du procès de Rodney King n’avait été qu’une excuse pour les criminels qui n’attendaient que cette occasion pour piller. Ils l’auraient fait de toutes façons. C’est une tragédie nationale. Des images de verre brisé, d’immeubles en flammes et de bagarres brutales vinrent renforcer ces messages. Le vice-président clama que les émeutiers n’avaient aucun sens des valeurs et insistait sur le fait que personne n’avait de sympathie pour eux.
Ne croyez pas l’intox. Ce n’était pas une émeute. C’était une rébellion. Le 30 Avril 1992 fut le cri le plus articulé et le plus dramatique depuis la fin des années 60 pour demander un changement social. […] Parmi les noirs de L.A, le verdict du procès se traduisit en une colère et en une terreur trop fortes pour les mots. « Quand j’ai entendu ça, j’ai eu la haine » se lamente un jeune de 25 ans. Une lycéenne me confie :
« Tout de même 56 coups en 82 secondes…Il aurait pu mourir. A l’école, tout le monde espère qu’il ne sera pas le prochain un de ces jours. » « De quelle preuve a-t-on besoin quand tout le monde peut voir ce qui est arrivé en vidéo » se demande Darryl, 21 ans.
Pour de nombreux jeunes noirs, l’issue du procès Rodney King a confirmé les pires craintes : la police pouvait faire ce qu’elle voulait. Le système judiciaire pouvait dévier pour faire du tort aux Noirs. Sinon pourquoi aurait-on placé le projet à Simi Valley, une communauté conservatrice qui abrite de nombreux policiers à la retraite ? Les blancs étaient tellement effrayés par le crime et confiants envers la police que même face à des documents aussi accablants, ils n’ont pu se résoudre à trahir leurs chers hommes en uniforme bleu. […]
Tant dis que la fumée des incendies se disperse, je pars en voiture avec mon équipe autour de South Central. Je ne m’attends pas à être surpris mais je le suis. Vu que c’était une rébellion et non une émeute. Les commerces avaient été touchés pas les habitations, les écoles ou les églises. C’était la guerre des classes : sus aux propriétaires. Les journaux ont prétendu que les gens étaient restés SDF, mais les quelques appartements qui avaient brûlés n’étaient pas des cibles choisies.
De plus, ce fut le soulèvement le plus spontanément varié dans l’histoire de cette nation. Pour le dire simplement : tout le monde pillait. Un leader de gang lui-même fut surpris : « Il y avait des mexicains, des noirs, des gens handicapés, des petites vieilles qui ramassaient des trucs et qui pillaient. Des gens qui sont normalement considérés comme des citoyens respectables. Ils en ont marre d’avoir mal.» A San Francisco, la majorité des protestataires étaient de jeunes blancs. […]
Nous continuons notre route. Une rangée de six commerces : le premier a brûlé, les deux suivants sont intacts, les deux après ont brûlé et le dernier est debout. Seuls les magasins dirigés par des blancs ou des coréens ont été détruits. Nous passons devant un hôtel le Comfort Inn. Pas une égratignure. Pourquoi ? Greg, mon compagnon me lance : « Tu se souviens du morceau d’Ice Cube où il dit : « Je l’ai ramenée au Comfort Inn, je l’ai bordée sous les bras et on s’est mis à l’aise » dans I’m Only Out for One Thing ? C’est pour ça ! Où est-ce que les mecs iraient tirer s’ils n’avaient pas cet hôtel ? » […] Durant la semaine de troubles, les médias se demandaient « Quand vont cesser les problèmes ? » ou « La violence est-elle passée ? » mais ils ne voyaient pas la réalité de la situation : le soulèvement a été un soulagement après les « problèmes » et la « violence » présentes chaque jour pour les Noirs et les Hispaniques de Los Angeles. Une femme du quartier me dit même : « C’était comme un réveil. Ce qui s’est passé - je hais pourtant ça - a réveillé non seulement Los Angeles mais d’autres états, d’autres pays… C’est peut-être ça la purification par le feu. Maintenant il y a le gouverneur et le président qui débarquent .Si il fallait une incendie pour ça, alors c’est tout L.A qui aurait dû brûler. Je ne voulais pas qu’il y ait du pillage, mais j’aurais moi-même aimé brûler quelques endroits à Hollywood. Croyez-moi. »
James Bernard, « The L.A Rebellion : Message behind the madness ».
The Source, 1992
Document annexe : Article les rappeurs réagissent
« Pour beaucoup, y compris Soulja Boy, Busta Rhymes, Juelz Santana, Maino, Bow Wow et Nas, Mardi aura été la première fois où ils sont allés voter. D’autres, comme Diddy, Mary J. Blige et Jay-Z, ont travaillé sans relâche aussi bien en ligne qu’en personne, en encourageant les gens à aller aux urnes. Young Jeezy a concocté un titre intitulé « My President », tandis que WillI.Am a écrit un trio de tracks fièrement pro-Obama »
« Obama ! » hurlait Fat Joe, en regardant les nouvelles sur la victoire du sénateur de l’Illinois de sa demeure à Miami. Il gigotait dans sa chaise comme un gamin. « C’est le vote Latino ! » s’écria-t-il. « C’est tout simplement incroyable de savoir que Barack Obama est notre président. C’est la chose la plus géniale ! » a lancé Usher. Kanye West reconnaît cette victoire sur son blog, en postant une image du sénateur avec l’intitulé « Coucou Maman, Obama a gagné ! ».
« La vision de la génération hip hop et des jeunes est glorieuse ce soir » déclarait Russell Simmons mardi soir. « Alors que beaucoup d’Américains plus âgés, qui se sont manifestés et qui ont lutté pour que le sénateur Obama puisse entrer en lice à la présidence des Etats-Unis, n’ont jamais osé croire au véritable potentiel de son candidat, les jeunes, en particulier la communauté hip hop, avait la foi, et leur rêve est devenu réalité. L’élection d’Obama en tant que président est un merveilleux hommage à la conscience collective US qui est en train de s’épanouir » continue Simmons.
« C’est le jour dont je suis le plus fier » affirme Nick Cannon par e-mail. « Nous avons élu un leader qui représente le changement et l’unité. Barack Obama s’est fait une place dans l’histoire en un véritable flambeau d’espoir ! ».
Même des artistes outre-atlantiques étaient enthousiastes de partager leurs réactions. « Je suis enchantée ! Je viens d’apprendre les nouvelles. Je suis si fière des Américains pour réaliser ce changement !!! Dirigeons-nous vers un formidable nouveau futur !!!! » a écrit Estelle dans un e-mail.
Ces derniers jours, Rick Ross a peiné à surmonter la perte tragique de son ami et partenaire d’affaires, Shakir Stewart, mais a retrouvé l’espoir à travers les résultats de l’élection. Il était si content et ébloui par la victoire d’Obama qu’il en perd les mots, chose qui arrive très rarement. « Je suis tout simplement… Pour être honnête, je suis sans voix. Je pense que nous devrions tous l’être » affirme Rick Ross. Le rappeur, aussi connu sous le nom de The Boss, a également commenté le discours d’acceptation du nouveau président US : « Il a montré son niveau de classe. Il a loué John McCain. Il a remercié son équipe, son conseiller politique pour avoir peut-être monté la meilleure campagne de l’histoire. Je dirais qu’il a le soutien du peuple. Une phrase qui m’a le plus touché était que cela n’a aucun sens que Wall Street soit au top alors que Main Street souffre plus que jamais. Cela a toujours été le centre du problème aux Etats-Unis ces dernières années. »
« Mon président est noir » a triomphalement lancé Jeezy, en entendant la victoire d’Obama. Le natif d’Atlanta, qui a travaillé dans le camp Obama en encourageant les inscrits par téléphone à aller aux urnes, a fêté l’événement.
La vidéo de « My President » sortira dans quelques semaines. Par ailleurs, Nas a sorti une mini chanson appelée « Election Night »
mardi. Il l’a enregistrée tôt dans la matinée du 4 novembre alors qu’il était en tournée en Norvège. Toujours au niveau des œuvres créées à l’occasion, Will.I.Am a livré sa dernière chanson accompagnée d’une vidéo, « It’s a New Day », le 5 novembre dernier.
Diddy, toujours aussi modeste, pense que son vote aura été celui qui a permis au Démocrate d’être le premier président afro-américain. Son vote, dit-il résulte d’un sentiment intense de pouvoir et de joie. De son vrai nom Sean Combs, le rappeur a voté dans une école de Manhattan. Diddy avait rejoint Jay-Z et Mary J. Blige à Philadelphie afin d’encourager les gens à voter Démocrate. 10 000 personnes étaient rassemblées pour voir les superstars du hip hop et du rnb en face du Uptown Theater.
Sur place, voici ce que Jay-Z a exhorté : « J’ai besoin d’un peu de silence. Je veux que vous compreniez ce que je vais vous dire. Rosa Parks s’est assise de sorte que Martin Luther King puisse marcher. Martin Luther King a marché afin qu’Obama puisse courir. Obama est en train de courir pour que nous puissions tous nous envoler. »
Document annexe : réaction de Jay-Z suite à l'investiture de Barack Obama
Le rappeur Jay-Z dira lors de l’investiture du président :
« Nous devons l'aider. Nous devons absolument le supporter. Nous devons faire tout ce que nous pouvons. Nous devons faire n'importe quel service communautaire ou d'autres choses pour l'aider. Ce n'est pas un travail facile. On ne peut pas juste taper des mains et c'en est fini. Il s'attelle à un dur labeur. »
Le rappeur enchaîne :
« Le pire boulot au monde – le meilleur et le pire boulot au monde, parce qu'il a tant à faire. Et les gens doivent vraiment comprendre ça. Il y aura des jours où vous ne serez pas d'accord avec ce qu'il fait et vous pourriez penser qu'il ne tient pas parole, ou des trucs comme ça. Mais nous avons à être là pour le supporter lors de ces quatre prochaines années, ou s'ils font bien les choses, lors de ces huit années à venir. Et nous voulons absolument les huit années. »
Document annexe : Interview de Booba pour Vice Magazine
L’interview de Booba pour le magazine Vice Magazine est la preuve de cette nouvelle philosophie rapologique.
On était hyper impressionnés à l’idée d’interviewer Booba parce que c’est notre rappeur préféré depuis bientôt dix ans, et que comme nous, on n’en a pas beaucoup plus de 20, ça représente une bonne partie de nos jeunes existences. On craignait de se trouver face à quelqu’un dépourvu d’une envie folle de discuter avec nous. Finalement, quand on l’a rejoint dans un café à Boulogne, il était en train de se resservir du thé. Ça nous a tout de suite vachement détendus.
Vice : Avec un nuage de lait, ton thé ?
Booba : Ha ha ouais. Un nuage de lait, à la british.
Sur « Cash Flow », un morceau qui se trouve sur Autopsie vol. 1 et qui date de 1995, tu parlais de « partir au Mexique grâce à ton lexique ». On s’est toujours demandé si tu pensais déjà vraiment à faire du fric à l’époque ou si c’était juste pour l’egotrip.
En fait, c’était le single du premier album de Lunatic, qui lui n’est jamais sorti. J’avais déjà la volonté de faire du blé. J’avais la dalle quoi, je voulais faire des thunes grâce au rap. Ou sans rap.
Tu faisais des thunes autrement, aussi ?
Ouais, je me démerdais. Je faisais pas des millions mais ça me permettait de survivre.
Donc ça aurait pu se passer autrement ?
Ça aurait pu ne pas marcher du tout. Cet album, par exemple, il est même pas sorti. C’est l’époque ou je traînais avec les Sages Poètes de la Rue et Beat 2 Boul. Quand on le réécoute, on sourit parce qu’il y a plein de trucs que je dis dans ce texte qui sont vrais aujourd’hui.
Et le Mexique alors ?
J’y suis pas allé encore, mais si je veux, j’y vais demain.
Mais, t’aurais continué le rap si t’avais pas fait de fric ? T’as toujours eu un côté « je m’en bats les couilles du rap », et en même temps ça représente une grande partie de ta vie.
Je l’ai fait parce que ça marchait, mais depuis le début je dis : « Si ça marche pas, j’arrête. » J’aime ça, mais faut que ça me permette de vivre. Je pourrais très bien me contenter d’en écouter et d’acheter les albums qui me plaisent. Je ferais pas du rap par passion. Dès le début, c’est un truc que je savais. Si Mauvais Œil s’était vendu à 2 000 exemplaires, j’aurais fait : « OK, c’est bon… » On m’aurait demandé : « Tu fais du rap toi ? », j’aurais répondu : « Non, je fais pas de rap non, je connais pas. »
Même si tu sentais que t’avais du talent ?
Si j’avais vendu 2 000 albums, ça aurait voulu dire que le talent, soit j’en avais pas, soit il était bien caché. Mais bon quand je dis : « on s’en bat les couilles du rap », c’est plus dans le sens ou je suis pas très « famille du hip-hop ». Je suis plutôt dans mon coin. Je suis pas là à militer pour un mouvement, je fais mes sons, je kiffe, ça marche, tant mieux, et puis demain quand je ferai plus de rap, ce sera « voilà quoi, salut ».
Donc t’envisages vraiment d’arrêter ? Dans l’album qui sort, tu fais des phases à la Jay-Z pour prévenir que tu prévois d’arrêter le rap.
Ouais, je pense que j’ai bien entamé la seconde période de ma vie de rappeur. Moi, je compare toujours le rap au sport, j’arrêterai quand il le faut, je ferai pas l’album de trop. Comme un boxeur, quoi. Faut toujours être dans la compétition et dans l’air du temps. En D2, je continue pas. Si un jour j’ai l’impression d’être has been, je vais pas forcer. Ce que font NTM ou IAM maintenant… J’arrêterai avant de faire mon « Coupe le cake ».
Ha ha. Donc c’est quand même pas pour tout de suite.
Non, mais demain si je trouve un Booba à produire, ça me dérangera pas d’être dans l’ombre. J’ai pas besoin de briller ou qu’on me reconnaisse dans la rue, je fais pas ça pour ça. Il y a des gens qui ont besoin d’avoir un public, d’être acclamés et tout. Moi, je le dis franchement, j’en ai rien à foutre.
Justement, depuis le début, sur « Hommes de l’ombre » par exemple, t’apparais comme quelqu’un qui veut pas se mettre en avant. Comment tu gères le fait d’être exposé ?
T’apprends, tu deviens un professionnel. Tant que ça reste dans le cadre de la musique, genre faire des clips et tout, j’aime bien. Mais la télé et ce genre de trucs, j’aime moins. Si je pouvais le faire à la Mylène Farmer, je le ferais.
Et avec Lunatic, vous cherchiez pas aussi un peu à en jouer pour vous démarquer du milieu du rap ?
Non, on était comme ça. C’est comme à l’école, quand le prof demande d’aller au tableau, sshhhhhh, direct tu te mets à côté du radiateur. C’était un peu l’état d’esprit, quoi. On faisait ça comme ça, c’était pas notre rêve d’être sous les projecteurs. Moi, j’ai jamais voulu rapper.
Ça pouvait venir de là, le fait que ton écriture était différente de celle de la plupart des rappeurs de l’époque, au point que des revues littéraires s’y sont intéressées ?
Franchement, j’ai été flatté que des gens extérieurs au milieu du rap puissent s’y intéresser. L’article de la NRF était réussi, j’ai été surpris que le mec me comprenne aussi bien alors que pour moi, si t’as jamais vécu ça, c’est pas vraiment évident de saisir de quoi je parle. Ça m’a étonné.
C’est un truc qui peut te faire lire les gens auxquels t’as été comparé ?
Ha, Céline et tout ? Non, j’ai toujours pas lu. J’arrive pas à lire en fait, j’ai du mal à me concentrer sur un livre, je sais pas pourquoi. Je sais que c’est mortel de lire et que c’est chanmé de se mettre dans un bouquin, je l’ai déjà fait, mais j’ai pas lu depuis des années. La dernière fois que j’ai lu un livre, j’étais au mitard, c’était un livre sur les cafards ou un truc baisé. En ce moment j’y arrive plus, je réfléchis trop, j’arrive pas à rester concentré.
Alors ça te vient d’où ce besoin d’avoir des textes aussi précis et travaillés ? Parce qu’en même temps tu n’as rien à voir avec toute cette tradition française du rap à texte.
J’en sais rien, mais je pense que c’est la façon de dire les choses qui est différente, plus que les mots que j’utilise. Mais je sais pas, je peux pas vraiment l’expliquer.
T’étais bon à l’école ?
J’étais bon en anglais, nul en maths. Enfin, c’est pas que j’étais nul mais je foutais rien.
Et en français ?
J’étais pas terrible, par contre depuis l’école j’aime bien les poèmes, « Le dormeur du val », les trucs comme ça. Je captais les images, les rimes mariées, embrassées, ça m’a marqué à l’époque. C’est peut-être pour ça que j’écris comme ça. Ça m’a intéressé, quoi. Quand j’écris, je me prends la tête sur des détails, savoir si je dois mettre un et ou un ou, sur la syntaxe, le placement des mots… En même temps j’adore dire de la merde, des trucs impulsifs.
C’est ça qui fait que t’as une écriture éclatée et que tu as rompu avec l’idéologie du morceau à thème ?
Pour moi c’est comme du sport, faut que ça s’enchaîne. Le rap, ça pourrait se résumer à de la punchline et des images. Comme un uppercut, quoi. Déjà, un thème c’est quoi ? Tu veux que je te parle de politique, de trucs comme ça ? Je l’ai déjà fait dans « La Lettre » à l’époque et maintenant dans le nouvel album avec le morceau « 0.9 », mais ça arrive rarement.
Ça veut dire quoi d’ailleurs « 0.9 » ? C’est aussi le nom de ton nouvel album.
C’est une référence à la cocaïne. C’est de la pure quoi, coupée à 10 %. C’est un comparatif avec ma musique. C’est pas coupé. Ce morceau je l’ai écrit d’un trait, quand j’étais dans l’avion. Je crois que c’est ça qu’on appelle l’inspiration, c’est comme de la magie en fait. Des fois quand j’écris ça sort un peu tout seul, et c’est ce qui s’est passé pour « 0.9 ». C’est aussi pour ça que parfois je fais des textes sans refrain, parce que je peux pas m’arrêter d’écrire. Je sais que si je m’arrête, je pourrai jamais revenir dessus parce que j’arriverai jamais à me remettre exactement dans cette lignée-là. Je sais pas si je me fais comprendre, mais c’est comme un peintre, des fois il prend sa toile et il galère, et d’autres fois il est extralucide. Même en sport c’est comme ça. Des fois tu vas faire des sales coups bas et tout, et parfois tout ce que tu fais ça réussit, l’autre tombe KO.
Et donc tu travailles tout le temps à ta musique ?
Ouais, en permanence. Des fois, j’ai une rime qui vient et je la note dans mon Blackberry, je me dis qu’elle servira pour plus tard, alors que je suis en train de faire un truc qui n’a rien à voir.
Même quand t’es avec un 90 B à bord de ta Ferrari ?
Ouais, voilà. C’est un 90 D en fait, ha. Qu’est-ce qu’il fait votre photographe là, l’inspiration s’est déclenchée ? On dirait qu’il veut me prendre en train de mettre un nuage de lait dans mon thé.
On a vu des interviews de toi au moment des élections de 2007, et tout le monde te demandait quelles étaient tes opinions politiques. T’esquivais les questions à chaque fois.
Ouais, c’est un rôle que je refuse de jouer. J’ai jamais voulu parler de ce genre de trucs. Il y en a d’autres qui rêvent de faire ça pour être des personnages publics, faire passer un message, je sais pas quoi. Moi, je fais pas du tout ça. Je veux que tu mettes mon son dans ta voiture et une fois que le morceau est fini, ça s’arrête. Ça va pas plus loin. Après, si ça te fait réfléchir c’est cool, mais c’est pas dans mes objectifs. En fait, quand j’écris, c’est comme si j’écrivais pour moi.
C’est un peu ce qu’on disait tout à l’heure, tu te mets pas en avant. T’as jamais été dans le délire relou du porte-parole d’une génération.
Ouais, ça serait prétentieux en plus. Tu veux que je prenne la parole, mais je suis qui moi, qui veut m’écouter ? J’ai jamais écouté personne, moi. OK j’ai quelques modèles, des Malcolm X, des machins comme ça, mais bon c’est pas des rappeurs. J’écoute plus Conan le Barbare moi, ha ha.
Mais ça t’est quand même arrivé d’écouter des rappeurs politisés ou pas du tout ?
Non. À la limite Dead Prez sur un single mais ça a jamais été plus loin. Au bout d’un moment ça me casse les couilles.
Tout le microcosme rap français te crache dessus en disant que t’es trop américain alors que t’importes juste les trucs qui se font là-bas avant les autres.
Moi, je fais du rap, je fais pas la différence entre la France et les États-Unis. Je me dis jamais que je copie les Américains ou quoi que ce soit. En boxe, quand y’a un nouveau coup de coude qui vient de sortir en Thaïlande, jamais tu vas te dire : « Non, je peux pas le faire celui-là, il vient de là-bas. » Tu te poses pas la question.
Mais y’a quand même tout le temps eu chez toi une sorte d’obsession pour les États-Unis. Là, t’en reviens tout juste, par exemple.
Je fais pas mal d’allers-retours. Je vis entre ici et là-bas, en fait. Je suis plus ou moins déjà installé entre Miami et Los Angeles mais je reviendrai quand même toujours ici à un moment ou à un autre. C’est ici que j’ai mes racines.
Qu’est-ce qui t’attire autant dans le fait d’aller aux États-Unis ?
Bah déjà c’est à cause de toute la musique que j’écoute. Et puis même la mentalité, c’est différent d’ici, et je préfère. Y’a du racisme autant qu’ici mais c’est pas hypocrite. Tout le monde reste chez soi, on se retrouve tous ensemble pour faire nos trucs et jamais personne ne se regarde de travers. Les Italiens, les Cubains, les Haïtiens, les Chinois, ils sont tout le temps ensemble et personne vient les faire chier.
Mais justement, c’est peut-être encore plus hypocrite ce système communautaire, dans le sens où tu laisses croire aux étrangers qu’il n’y a aucune différence entre la vie dans le pays où ils sont et celle qu’ils menaient dans leur pays d’origine.
Sérieux, je pense que c’est beaucoup plus hypocrite de faire semblant de parler d’intégration, comme si on allait tous vivre ensemble. Parce que je pense pas que les gens du 16ème aimeraient avoir une famille sénégalaise sur leur palier, tu vois. Ils aimeraient pas avoir une odeur de riz et de poisson dans l’ascenseur, je crois. Alors qu’ils arrêtent de faire genre ça ne les dérangerait pas qu’on vive avec eux. C’est un truc de politicien ça, c’est du bluff.
Et qu’est-ce qui te fait penser que le système américain est meilleur ?
Bah, on est comme des animaux. Des animaux supérieurs mais des animaux quand même. Et dans les animaux, y’a les lions qui sont avec les lions, les gazelles qui sont avec les gazelles etc. Quand c’est la sécheresse, ils se retrouvent autour d’un point d’eau, et là tu vois des lions, des crocodiles et des flamants roses, mais une fois qu’ils ont tous bu, c’est terminé, ils rentrent chez eux. Je compare toujours ça à Manhattan. Tout le monde est mélangé pendant la journée de taff, c’est comme dans la brousse, et à la fin de la journée tout le monde rentre chez soi. T’as les quartiers latin, italien, russe, chinois qui sont désertés le jour et qui se remettent à vivre quand le soir tombe. Y’a rien de mal à ça. Quand t’es portugais t’es content de te retrouver avec des mecs qui parlent ta langue, qui connaissent l’endroit d’où tu viens et qui ont la même culture que toi.
Mais ce genre de ghettos contribue à renforcer les inégalités sociales, non ?
Non, pas forcément, parce que quand t’es avec tes potes, tu fais des trucs pour t’en sortir plus facilement. Tu fais des petits business sous le manteau vite fait et ça passe tout seul. Tu vas dans le Bronx, tu demandes un taxi et c’est un immigré qui parle même pas anglais qui va arriver en bas de chez toi. C’est la débrouille et du coup, jamais t’auras de discrimination à l’embauche. OK, ça crée des ghettos, mais c’est faux de dire qu’il n’y en a pas en France. À Boulogne, tu vas avoir un Sonacotra, à côté un foyer pour Roumains, c’est la même, c’est des petits bouts de ghettos implantés un peu partout. Alors que là-bas ça va juste être regroupé en gros blocs. Chaque fois que j’y vais, je me sens à ma place. Personne me regarde chelou ou quoi, je sens jamais que je suis le seul noir dans la rue.
Et t’as suivi un peu la campagne électorale quand t’étais là-bas ? T’en penses quoi d’Obama ?
Franchement tu vois les mecs là-bas comment ils sont à donf sur lui, t’es obligé de suivre. Les gars ils ont des tee-shirts, des casquettes et tout, c’est un truc de ouf. Même les mecs du hood (du ghetto) et les rappeurs ils supportent à fond. Ils s’en battent les couilles quand c’est un Bush qui est au pouvoir, mais pour Obama c’est plus la même. Tous les noirs sont solidaires là-bas. C’est ça qui permet à un type comme Obama d’arriver au pouvoir, alors qu’en France, pour s’intégrer, il faut faire des études, être bon à l’école, ce genre de trucs.
Tu veux dire qu’il faut être Abd Al Malik.
Ouais voilà. Moi, comme j’ai vu que j’y arrivais pas, j’ai fait : « OK, je m’en bats les couilles, je fais mon truc tout seul, je sors du système. » Exactement l’inverse de ce qu’on nous demande de faire, en fait.
Interview de Rémi Wallon et Julien Moral pour Vice France en Novembre / Décembre 2008.
Vidéo des samples de Lupe fiasco
Bibliographie :
Olivier Cachin - L'offensive rap
Editeur : Gallimard (23 janvier 1996)
Collection : Découvertes Gallimard
mardi 10 mars 2009
# CONCLUSION.
30 ans après les premières block parties, le rap est arrivé à l'âge adulte. Pour devenir un genre "grand public" et s'affranchir de l'étiquette de "culture alternative", il s'est diversifié jusqu'à couvrir tout le spectre de la production musicale et ce, par divers moyens.
Cette musique au versant progressiste a généré une nouvelle gamme de businessmen noirs.
Insaississable et multiforme, le rap n'a cessé de se diviser en sous-genres et d'évoluer à chaque mutation. Il sait se faire pop, hardcore, jazzy, funky, surréaliste. Malgré des tentative de récupération, malgré une image caricaturale souvent relayée par les médias, malgré une diabolisation systématique, la culture rap, après en avoir été longtemps exclue, est devenue une composante incontournable de la culture populaire.
Cette musique au versant progressiste a généré une nouvelle gamme de businessmen noirs.
Insaississable et multiforme, le rap n'a cessé de se diviser en sous-genres et d'évoluer à chaque mutation. Il sait se faire pop, hardcore, jazzy, funky, surréaliste. Malgré des tentative de récupération, malgré une image caricaturale souvent relayée par les médias, malgré une diabolisation systématique, la culture rap, après en avoir été longtemps exclue, est devenue une composante incontournable de la culture populaire.
lundi 2 mars 2009
# 12 : Stigmatisation et reprise du stigmate.


Les stigmates associés au rappeur, en outre l’attrait pour l’illégal dès qu’il se présente, la violence verbale ont été détournés dans le but de créer une parodie. En France, certains humoristes se sont amplement servis de ces stigmates. Citons Fatal Bazooka, un groupe de rap parodique composé de Michaël Youn, Vincent Desagnat et Benjamin Morgaine. La pochette de leur album T’as vu est une image retouchée de Michaël Youn, torse nu et muscles saillants, à la manière du rappeur américain 50 Cent (voir la
couverture de The Massacre). Le phénomène est lucratif, car leur titre « Fous ta cagoule » est resté numéro 2 des ventes de singles durant le mois de Décembre 2008. PASSYMAL, composé de 3 jeunes issues de la haute société chic parisienne en paradoxe total avec la vraie « culture rap » défit Fatal Bazooka dans leur chanson « Pas si Mal », au clip ridicule. Le groupe y dénonce l'imposture de Fatal Bazooka dans une "rapodie".Leur intervention, ne sera qu’un pur effet médiatique et n’aura absolument aucun impact sur le succès des Fatal Bazooka.
# 11 : Les albums rap expérimentaux.

Les rappeurs américains couronnés de succès tels Kanye West (meilleur album rap de 2007 avec Graduation et aussi le plus vendu) et Lil’ Wayne (meilleur album rap de 2008 avec Tha Carter III et récompensé par 4 grammy award dont celui du meilleur rappeur de l’année 2008) expriment leur pensée commune : Ils ne veulent plus être considérés comme des rappeurs mais comme des artistes à part entière. Ils se lancent donc dans l’expérimentation, le premier sort 808’s and heartbreak , un album relatant ses souffrances suite à au décès de sa mère et à sa rupture avec sa petite amie. 808s & Heartbreak lorgne davantage vers le R'n'B ou même la pop. Kanye West chante ici sur tous les morceaux en utilisant l'Auto-Tune, un logiciel modulant la voix, en la rendant métallique comme celle d'une robot. Quand a Lil' Wayne, il compte sortir un album rock qui sera baptisé The Rebirth avant la fin du premier semestre de 2009.
#10 : III. 4 : Le rap inonde nos écrans.

Les grandes chaînes de divertissements ont compris l’atout que représentait les rappeurs. La chaîne MTV a donc nettement mis en avant certains rappeurs notamment les plus vendeurs dans un autre milieu que le leur. P.Diddy, l’homme polyvalent du rap, possède deux émissions sur la chaîne musicale, Making The Band , programme consistant à trouver les personnes idéales pour finalement former un groupe de talent qui sera sous l’aile protectrice de P.Diddy, le mentor des stars.
La seconde Je veux être l’assistant de P.Diddy a un nom révélateur, en effet, l’artiste est à la recherche d’un assistant . Une compétition redoutable se livre entre les candidats qui s
ont prêts à tout pour se présidiaux postes. Les rappeurs ont même des shows sous la forme d’une série télévisé familiale on peut citer Snoop Dogg et sa série Snoop Dogg, Marié 3 enfants ou Run’s House de Run du groupe phare Run DMC . Dans ces programmes les rappeurs sont confrontés à des problèmes banals, et sont davantage montrés sous l’angle d’un père de famille ou d’un mari. L’image du rappeur s’est donc adouci et l’américain moyen peut donc s’identifier à lui.
Depuis quelques années, l'industrie du cinéma est de plus en plus attiré par la vie des rappeurs. A l'instar du rappeur blanc de Détroit Eminem qui joue dans le film 8 Mile le rôle de Jimmy Smith Jr. vit de part et d'autre de la 8 Mile Road, démarcation entre banlieue blanche et quartiers noirs de Détroit. On peut considéré ce film comme un semi-biographie de ce rappeur car il s'est largement inspirés de la vie tourmentée de celui-ci. Avec le titre Lose Yourself extrait de la bande-son du film , Eminem remporta l'Oscar de la meilleure chanson originale en 2002.
Le protégé d'Eminem, 50 Cent s'essaya aussi au cinéma en jouant aussi une semi-autobiographie Get Rich or die tryin' (portant le même nom que son deuxième album). Le succès commercial était là , en effet le film a rapporté exactement 46,442,528 $ dans le monde. En revanche, la critique était loin d'être unanime car En mars 2006, le film était classé 27e dans le top 100 de l'Internet Movie Data Base des plus mauvais films de l'histoire du cinéma.
Un biopic sur la fulgurante carrière de Notorious BIG mort en 1997, tué par balles est sorti dans les salles américaines le 16 Janvier 2009 au Etats-Unis. Le film nommé Notorious comme une de ses célèbres chansons a été en partie produit par P.Diddy, le meilleur ami de la légende du rap.
#9 : Un mariage possible - rap engagé/commercial

On peut allier le rap engagé au rap commercial . Le paysage rap français compte comme exemples la chanteuse Keny Arkana milite pour des causes proches de la philosophie alter mondialiste (voir annexe. Keny Arkana - Ordre Mondiale) et le groupe Sniper, le premier groupe de rap à appeler explicitement les jeunes de banlieue et fils d'immigrés au vote, moyen de résistance non violent. Ces artistes sont respectés dans le milieu du rap, et sont non moins vendeur de disques.
#8 : III.2 : Une nouvelle ère technologique.

L’underground* (= mot anglais désignant une culture alternative en marge de la société) ne séduit plus. Et le rap comme l’ensemble de la musique doit faire face à une nouvelle donne technologique due à l’essor du téléchargement illégal . Cependant, grâce à des plates-formes tels Myspace , connu pour héberger de nombreuses pages internet de groupes de musique connus ou non et de Djs qui y entreposent et présentent leurs compositions musicales dans le but souvent de se faire connaître. Les magazines spécialisés comme Rap2k ou Booska-P ont émergé sur Internet, tandis que la presse rap a immergé comme le reste de la presse écrite.
Des magazines comme Get Busy ou Radikal ont complètement cessé d'être distribué par exemple.
#7 : III. 1 : Le rap : Un métier lucratif.
A l’aube du nouveau millénaire, le rap est un courant musicale à part entière . Il est prolifique et brasse des milliards. Puisque le rap se vend. On assiste donc à une sorte de standardisation des rappeurs. Les thèmes sont récurrents et les rappeurs donnent dans l‘égotrip. On revient quelque part au stade primaire du rap des années 70-82.
Le genre musical s’essouffle un peu face à la montée en puissance d'autres musiques électroniques.
Puisque le rap se vend. Il n’est plus réellement un outil de rassemblement mais plus un moyen pour s’enrichir. Certains le revendiquent clairement comme étant un métier comme un autre (voir annexe : interview de Booba pour Vice France Magazine)
Les rappeurs se diversifient du mieux qu'ils peuvent. La star de cinéma Will Smith a d'abord été rappeur avant de se lancer dans une carrière cinématographique. Il formait le duo de rap aux messages légers avec Jazzy Jeff &The Fresh Prince (lui même).
Le rap a donné naissance à des hommes d’affaires redoutables aux fortunes colossales. Par exemple, Le rappeur afro-américain Jay-Z est devenu, d'après le magazine Forbes, un des Américains entre 20 et 45 ans les plus riches des
États-Unis avec une fortune estimée à 1,5 milliard de dollars. 8 de ses 10 albums ont été 1 à 5 fois disques de platine. Il a été président de Def Jam jusqu’en 2008, possède une marque de vêtements populaire auprès des jeunes américains nommée Rocawear ainsi qu’une des boîtes de nuits les plus prisées de New-York, le 40/40.(voir vidéo annexe : Jay-z pour la pub de l’ordinateur portable Hewlett Packard)
Le genre musical s’essouffle un peu face à la montée en puissance d'autres musiques électroniques.
Puisque le rap se vend. Il n’est plus réellement un outil de rassemblement mais plus un moyen pour s’enrichir. Certains le revendiquent clairement comme étant un métier comme un autre (voir annexe : interview de Booba pour Vice France Magazine)

Les rappeurs se diversifient du mieux qu'ils peuvent. La star de cinéma Will Smith a d'abord été rappeur avant de se lancer dans une carrière cinématographique. Il formait le duo de rap aux messages légers avec Jazzy Jeff &The Fresh Prince (lui même).
Le rap a donné naissance à des hommes d’affaires redoutables aux fortunes colossales. Par exemple, Le rappeur afro-américain Jay-Z est devenu, d'après le magazine Forbes, un des Américains entre 20 et 45 ans les plus riches des
États-Unis avec une fortune estimée à 1,5 milliard de dollars. 8 de ses 10 albums ont été 1 à 5 fois disques de platine. Il a été président de Def Jam jusqu’en 2008, possède une marque de vêtements populaire auprès des jeunes américains nommée Rocawear ainsi qu’une des boîtes de nuits les plus prisées de New-York, le 40/40.(voir vidéo annexe : Jay-z pour la pub de l’ordinateur portable Hewlett Packard) #6 : II.2 : Eléments internes liés à l'évolution de la musique.

Le rap a été stigmatisé comme une musique du ghetto, fait par et pour le ghetto. C'est comme si le rap avait colporté avec lui tous les clichés, tous les stigmates que connaissent les quartiers dits "sensibles" de nos jours.
En France, le Rap était à l’origine très engagé politiquement, et les chansons faisaient souvent passés des messages quelques peu subversifs dont NTM le groupe phare natif de Seine Saint-Denis en est l’emblème.
SUPREME NTM, 1995, « Qu’est-ce qu’on attend ?» tiré de l’album « Paris sous les bombes » :
«Dorénavant la rue ne pardonne plus Nous n’avons rien à perdre, car nous n’avons jamais eu… A votre place je ne dormirais pas tranquille La bourgeoisie peut trembler, les cailleras sont dans la ville Pas pour faire la fête, qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu Allons à L’Elysée, brûler les vieux Et les vieilles, faut bien qu’un jour ils paient Le psychopathe qui sommeille en moi se réveille Où sont nos repères ? Qui sont nos modèles ? De toute une jeunesse, vous avez brisé les ailes Brisé les rêves, tari la sève de l’espérance ;Oh ! Quand j’y pense Il est temps qu’on y pense, il est temps que la France Daigne prendre conscience de toutes ces offenses Fasse de ses hontes des leçons à bon compte Mais quand bien même, la coupe est pleine L’histoire l’enseigne, nos chances sont vaines Alors arrêtons tout plutôt que cela traîne Ou ne draine, même, encore plus de haine
Unissons-nous pour incinérer ce système »
NTM (pour nique ta mère, car la controverse commence avec leur nom de scène) représente la tendance dure - dite hardcore - du rap, le groupe attaque brutalement les institutions. Le rap-titre s’en prend aux journalistes, incapables selon les rappeurs Joey Star et Kool Shen de comprendre le mouvement hip-hop.
« Ce deuxième couplet est adressé à tous les médias, enfin presque, en tout cas à ceux que l’infamie dérange / Ecrivant, expliquant ce qu’ils veulent, ce qui les arrange »
En effet, les médias français ont toujours privilégié l’angle sensationnel (bandes violence, banlieues) pour traiter du rap français hardcore, d’où les rapports souvent houleux entre rappeurs et journalistes.
A titre d’anectdote révélatrice, voici la chronique de « Paid in full » d’ Eric.B et Rakim parue dans le Top d’Or 89, recueil qui publiait chaque année le récapitulatif des tubes de l’ancien Top 50 :
« Pain in full » d’Eric B. & Akim : classé 49e.
« Ce hard rap new-yorkais n’est pas un style de musique particulièrement apprécié chez nous : l’oreille française, très attachée aux mélodies, est frustrée par ces artistes qui se contentent essentiellement de raconter à toute vitesse des tas de choses. Toujours est-il que si ces deux black de New York n’avaient pas laissé (à contrecœur) leur maison de disques anglaise diffuse cette version génialement mixée par Coldcut (avec la fameuse phrase d’Ofra Haza… « Im Nin’ Alu »), nous n’aurions même pas à en parler. »
Top d’or 89, Filipacchi
Le style hardcore est en France, largement représenté : aux côtés de NTM, citons Assassin, collectif dominée par la personnalité de Rockin’ Squat (le frère de Vincent Cassel), Ministère A.M.E.R, de Sarcelles (qui s’attira les foudres du ministère de l’Intérieur pour son rap « Sacrifice du Poulet »)..
En 1994-1995, les choses changent, des rappeurs aux textes plus récréatifs font leur apparition. Il entre dans une logique beaucoup plus festive et dépolitisée. Des années 80 au début des années 90, le rap français ne vendait que très très peu. En effet, cette musique était considérée comme underground, anti-conformiste, issue des banlieues en périphéries de grandes villes. Le rap ne réunissait pas les critères requis pour faire parti de la grande famille de l’industrie musicale. Les rappeurs essayant d’aborder des sujets un peu moins sociaux vont s’isoler des autres rappeurs.
Car pour vendre cette musique provenant du ghetto, il fallait viser hors du ghetto. MC SOLAAR, Alliance Ethnik ou encore Ménélik, sont invités sur les plateaux télévisés, puisque maintenant ce sont de vrais artistes qui savent se plier à la règle fondamentale de “l’art pour l’art“, condition sinequanon pour réaliser une promotion digne de ce nom. Les anciens leaders de la scène rap se retrouvent donc au second plan, et s’adaptent à ce changement. En laissant leur esprit contestataire de côté pour laisser place à une ambiance plus festive, et légère.
Stomy Bugsy, chanteur du groupe Ministère AMER, appelait dans son premier album au “sacrifice du poulet” alors qu’il se présente aujourd’hui comme un “gangster d’amour”. NTM, leader incontesté de la mouvance rap, est passé de « Qu’est-ce qu’on attend pour foutre le feu » à la chanson « Dans ma (Mercedes) Benz » :
Joey Starr:
Tu es ma mire, je suis la flèche que ton entrejambe attire
Amour de loufiat, on vivra en eaux troubles, toi et moi
Mais ce soir faut qu'ça brille, faut qu'on enquille,
J'veux du freestyle
Je veux que tu réveilles, tu stimules mon côté bestial
Pump'baby, monte sur mon Seine-St-Denis fonk
J'te la f'rai façon, j'te kiffe, y a que ça qui me rende jonke
A ton contact, je deviens liquide liquide
C'est comme un trou intemporel, bouge ton corps de femelle
Regarde le long de tes hanches, je coule
Ondule ton corps, baby, ouais, ok ça roule
Je deviens insaisissable à ton contact l'air est humide
C'est comme une étincelle dans ton regard avide
Le rap « commercial » fait désormais partie du paysage musical français. La consécration de ce type de rap, en France, n’aurait pas été possible sans l’aide d’un partenaire qui a pris en charge la diffusion et la promotion de cette nouvelle vague.
Ce partenaire, c’est la radio Skyrock. Créée en 1986, mais c’était spécialisée dans le rap dans les années 90. Skyrock est considérée comme la radio-jeune par excellence, elle touche un public jeune 15-25 ans. Skyrock constitue l’un des facteurs déterminants de la commercialisation du rap. En effet, c’est elle qui a permis de mettre le rap en haut de l’affiche, qui lui a permis d’avoir accès aux maisons de disques, d’être diffusé, d’être entendu par un large public et donc d’être vendu. Les groupes, dont la démarche ne correspondait pas à la logique underground, ont vu en Skyrock l'opportunité d'inverser la tendance et d'imposer une nouvelle norme. Skyrock, quant à elle, avait tout intérêt à soutenir les groupes qui ne parlaient pas de politique. En effet, pour des raisons commerciales et il est préférable pour un média de soutenir un mouvement qui ne remet pas en cause le système sur lequel repose sa raison d'être et sa prospérité. Mais Skyrock, n’est pas le seul média à s’être lancé dans l’aventure Rap/Hip-Hop, les radios libres qui s’ouvrent en 1981 sont de médias d’excellence pour la diffusion du rap américain. Sur radio 7, Sidney (qui présentera HIP-HOP en 1984, sur TF1) rappe en anglais. Radio Nova, dès sa création, dans l’euphorie de la libération des ondes dans les années 80, a su prendre en compte le rap dans ses programmes. Le show hebdomadaire du dimanche de Dee Nasty, DJ virtuose devenu producteur et artiste, reste dans les mémoires de tous les rappeurs d’Ile de France.
En 1984, surprise : la création de HIP-HOP sur TF1 amène l’univers du rap dans tous les foyers français, à l’heure de la messe. L’émission s’attarde plus sur la danse avec des concours de Break-dance. La disparition rapide de ce programme confortera longtemps ceux qui ne voulaient voir dans le rap qu’une mode passagère.
Aux Etats-Unis, la création de la chaîne musicale MTV a largement contribué à la démocratisation du rap. Créée en 1981 MTV est à l’’orgine même de l’industrie du vidéo-clip et du concept de chaîne musicale. Entre 1988 et 1995, une émission de musique rap de deux heures nommée Yo !MTV Raps fut le premier show Hip-Hop sur le réseau. Elle était présentée par Fab 5 Freddy, Doctor Dre & Ed lover. Le groupe Run-DMC présenta l'émission pilote. Furent également présent lors du pilote, DJ Jazzy Jeff & the Fresh Prince. Le clip de Eric B. Rakim, Follow the Leader, fut le premier clip diffusé dans Yo! MTV Raps. Le pilote fit la meilleur audience jamais établie sur MTV à cette époque. Yo !MTV Raps a largement contribué à l’essor du mouvement rap, et à faire connaître ce mouvement au grand public.
#5 : II.1 : Evènements ponctuels dans cette société urbaine et changement de mentalité.

Le rap américain a d’abord été commerciale avec « Rappers’ Delight », la productrice Sylvia Robinson cherchait avant tout à faire du profit. Les premiers rappeurs racontent des anecdotes avec des rimes matérialistes vantardes et festives.
Les premiers signes d’une nouvelle vague plus social apparaissent vers 1980 : « How we gonna make », mais aussi « Bad Times » (I Can’t Stand It) de Captain Rapp, Street Justice avec « The Rake » (sur l’autodéfense), et, à un moindre niveau Kurtis Blow avec « Hard Times » ou « The Breaks ». Rarement une décennie aura été aussi décisive pour les Noirs américains que celle débutant avec l’accession au pouvoir suprême de Ronald Reagan, dont l’héritage fut le programme militaire Star Wars, la réduction de tous budgets sociaux et l’abandon définitif des ghettos noirs livrés à une micro-guerre civile alimentée des 1983-1984 par l’arrivée massive du crack sur le marché américain. Sans oublier une négligence criminelle vis-à-vis du sida pour motifs idéologiques (les gays, les drogués et les minorités ethniques « à risques », seules victimes supposées de l’épidémie, n’intéressent pas les républicains). Le tableau terrifiant de l’Amérique des années Reagan est celui d’un monde à deux vitesses, celui des gagnants et des laissés pour compte.
Le rap sera lui aussi victime de ce double système, et ne bénéficiera pas de la même diffusion sur les ondes que les autres genres musicaux. Radios et télévisions, avec la témérité qui les caractérise, hésitent à programmer ces nouveaux enragés.
« Ne me pousse pas, car je suis au bord du précipice / j’essaie de ne pas perdre la tête / c’est comme une jungle, parfois je me demande comment je fais pour ne pas sombrer. »
Tel un coup de tonnerre , « The Message » résume les conditions de vie des noirs américains en 1982, et s’impose dans le paysage musical .
Les rimes sont de Melle Mel et Duke Bootee (les véritables interprètes de la chanson). Ce titre sonne comme un cri d’alarme.
« The Message » a été mondialement diffusé, grimpant même au numéro 8 des charts britanniques en août 1982.
C’est donc à cette époque que le rap se radicalise et dénonce sans retour le problème noir. Certains groupes prônent la violence et la révolte en reprenant les principes de Malcolm X :
« pas de révolte, sans violence ».
Le groupe symbolisant parfaitement cette philosophie est Public Enemy avec leur « Don’t Believe The Hype » (littéralement « prend garde à l’intox »).
En 1988, Public Enemy sort son troisième album “The Fear of the Black Planet”. Le groupe relate la menace raciste qui plane sur l’Amérique.
Simultanément, de l’autre côté du pays, la côte Ouest est saisie par la secousse Gangsta Rap conduit par Ice- T, NWA et leurs célèbres « Straight Outta Comption » et « Fuck tha Police ».
Suite à un litige chez ces derniers, le groupe se sépare en 1991 après le départ d’Ice Cube et Dr.Dre pour Death Row Records.
En 1992, suite à une bavure policière grave Los Angeles prend feu.
En effet, les policiers qui ont donnés à un automobiliste noir Rodney King 56 coups en 82 secondes alors qu’il était à terre sortent libres après un verdict unanime « non co
upables ». Les minorités sont absolument révoltés et le rap sera bien sûr leur bande-son.Ces émeutes eurent des influences profondes sur les rappeurs.
De plus, il suffit d’écouter les textes d’Ice Cube, des Geto Boys ou de Naughty By Nature pour comprendre les évènements qui ont agité les banlieues noires. En cette période les textes étaient très virulents (voir Annexe : Texte et traduction de I wanna kill sam de Ice Cube)
Les émeutes de L.A entraînent quoiqu’il en soit une apocalypse raciale de taille, et ce, dans tout le pays. Le problème va même au-delà, l’Amérique blanche refuse de remettre en cause les
forces de l’ordre et l’état souhaite protéger « l’honneur » des autorités. Ces évènements ont entraîné des réactions et ont endurcis les messages du rap.Dès son accès au poste de maire de New-York en 1993, Giuliani instaure une politique de tolérance zéro (sanction au premier délit, même pour les mineurs). La répression contre les trafiquants en tous genres,
les réseaux de prostitution et le crime est organisée. On compte dans ses mesures, l’omniprésence de la police (passant de 27 000 en 1990 à 39 000 en 1999) et de l'intégration des minorités ethniques dans les forces de l'ordre. Il s’engagera aussi à la réhabilitation des
quartiers du nord de Manhattan, par exemple de Harlem.
Bien sûr, sa politique n’a pas produit que des succès. La tolérance zéro menaçait parfois d’emprisonner des innocents, de menacer les libertés civiles dont celles des minorités ethniques. La ville fut poursuivie une douzaine de fois pour violation du premier amendement : Le Congrès ne fera aucune loi qui touche l'établissement ou interdise le libre exercice d'une religion, ni qui restreigne la liberté de parole ou de la presse, ou le droit qu'a le peuple de s'assembler paisiblement et d'adresser des pétitions au gouvernement pour le redressement de ses griefs.
).
Néanmoins, les résultats sont formels : Entre 1993 et 1998, le nombre de meurtres par an a été divisé par plus de trois alors que le taux de délinquance ordinaire s'effondrait et que la prostitution était éradiquée de Times Square.
Les mutations dans les sociétés urbaines ont-elles aussi joué un rôle : conditions de vie moins difficiles, guerre des gangs moins présente , crack moins présent. Ces mutations ont rendus le message moins d’actualité.
Le rap est moins marginalisé car les rappeurs se posent moins en tant que victime mais plus en tant qu’acteur à part entière.
Le facteur Obama par exemple, rend les chansons de rap plus prolifiques en matière d’espoir. En effet, l’élection du 44e président des Etats-Unis a été un évènement historique, en particulier, dans ce pays qui a longtemps lutté pour les droits civiques des populations noires.
En 1987, KRS-One « le métaphysicien du rap » stimulait les esprits:
« Un président noir aux Etats-Unis ? C’est comme un juif qui essaierait d’être Hitler, c‘est le même concept ».
C’est une citation choc. Mais en effet, 20 ans plus tôt personne n’aurait pensé à la victoire de ce sénateur.

La communauté hip hop étaient de ceux, sinon l’entité qui s’est fait le plus entendre, pour le soutien diligent à Barack Obama.(voir annexe: Article les rappeurs réagissent)
L'euphorie secoue la communauté rap.
Pour beaucoup de rappeurs, la politique était quelque chose d’abstrait, qui les mettaient de nouveau à l’écart.
La confiance dont ils témoignent n’est pas aveugle.
Les rappeurs ont conscience de la difficulté de la tâche à laquelle s’atèle Obama et le supporte.
(voir soutien de Jay-Z à Obama suite à son investiture= document annexe)
#4 I.2 : Evolution du rap en France.
C’est au début des années 80 que la France est touchée par le mouvement hip-hop, chez la jeunesse des cités.
C'est avec l'apparition des radios libres que le rap commence à être radiodiffusé et en 1984 des émissions télés voient le jour comme « Hip-Hop » sur TF1 présenté par Sidney. Il fut le premier rappeur français connu du "grand public".
C'est d’ailleurs grâce à cette médiatisation que le mouvement hip-hop devient populaire en France, qui deviendra la deuxième nation rap.
C’est à la fin des années 80 que le rap français arrive avec les premiers freestyles de NTM, Assassin, Solaar en direct dans l'émission « Deenastyle » sur Radio Nova présentée par Dee Nasty.
Le rap français commence à prendre de l'ampleur et des compil' comme « Rap attitude » permettent de révéler au grand public la 1ere génération de rappeurs français NTM, Assassin, Solaar, IAM, Ministère A.M.E.R.
La médiatisation se poursuit avec « Rapline » sur M6 présenté par le célèbre Olivier Cachin et la naissance de magazines comme « l'Affiche » et « Get Busy ».
Au début des années 90, les rappeurs français commencent à sortir leurs premiers albums et Mc Solaar réussit à intégrer le rap dans le paysage musical français par son style calme et poétique avec le tube "Bouge de là".
Les compilations se multiplient et on voit arriver de nouveaux groupes de plus en plus nombreux.
Le rap positif, léger et funky envahit la musique française avec Alliance Ethnik, Ménélik, Réciprok, Doc Gyneco. Quelques-uns remportent même des Victoires de la musique.
Le rap hardcore est aussi présent : NTM, Assassin ou le Ministère AMER témoignent de la dure réalité avec des textes très crus. D'ailleurs l'affaire NTM (prison+amende+6 mois d'interdiction d'exercer en France pour propos haineux envers la police) fait trembler l'opinion publique.
C'est ce coté du rap français qui est apprécié des puristes.
Entre le rap cool et le rap hardcore, une multitude de groupes font leur premiers pas grâce à des compils de plus en plus nombreuses : les Sages Poètes 2 la rue, Fabe, la Cliqua,TSN ainsi que Cut killer qui sort une multitude de mix-tapes.
En 1997-1998 , des labels se fondent, des crews se forment, on assiste à la naissance rap business qui fait des ravages aux Etats-Unis.
Les artistes de l'ancienne école reviennent avec un nouveau stylecomme IAM et NTM donnant au rap français sa propre identité. Le temps où on copiait les américains n’est plus.
De nombreux nouveaux groupes apparaissent souvent par le biais de crews très puissants comme le Secteur Ä, le Côté Obscur ou Time Bomb : Arsenik, Hamed Daye, Fonky Family, 3ème œil, KDD, Oxmo Puccino, Lunatic, Expression Direkt, La Brigade.
La radio Skyrock devient LA radio rap en France et va énormément participer à la promotion des nouveaux groupes.
Le rap français se divise alors en deux: le rap commercial qui passe partout et génère beaucoup d'argent et le rap underground qui sera même boycotté et qui ne rapporte presque rien mais où les MC aiguisent leur style qui plaît à la masse.
Cette séparation souvent involontaire est symbolisée par Stomy Bugsy qui est passé du rap le plus harcore au rap le plus commercial. Mais ce ne sont pas les artistes qui dérivent, ce sont les maisons de disques qui (attirées par le bon filon du rap) sortent les titres les plus commerciaux des albums et véhiculent une image fausse de l'artiste. Cependant, de très bons albums sortent comme le 4ème de NTM qui fait l'effet d'une bombe, comme les albums d'Arsenik, Ideal J, Busta Flex, Zoxea … . Des compiles comme "Sad hill" et "ma cité va crack-er" relancent le vrai rap et réunissent des rappeurs célèbres et des inconnus de toute la France. Les concerts dans de grandes salles se multiplient démontrant le talent des rappeurs sur la scène.
Le rap est maintenant ancré dans le paysage musical français, a forcé la porte de tous les foyers envers et contre tous, et des débuts de réticences se font sentir dans les hautes sphères. On assiste donc au boycott drastique du rap et à la censure, les concerts sont de plus en plus interdits et les rappeurs ont une mauvaise image. La mode une fois passée, le rap peut enfin se libérer.
En 1999, la nouvelle école lâche ses premières bombes épaulée par les anciens et par Skyrock (qui devient presque indispensable pour
lancer un album).
On assiste au succès de Pit Baccardi, Freeman, Bisso na Bisso, Saïan Supa Crew et bien sûr du 113 et de leur crew la Mafia k-1 fry. Le 113 réussit un exploit en étant littéralement adulé par les adeptes du rap et en même temps en remportant 2 Victoires de la musique.
En 2002, la carte du rap français est établie, il n'y a plus de nouveaux crews, les artistes du moment sont dans l'underground depuis longtemps et les quelques nouveaux sons intègrent les grands crews. C'est maintenant au niveau du son que le rap évolue, les instrumentaux deviennent plus électroniques et s'accélèrent. Les textes deviennent plus incisifs et portent moins de messages. La violence est plus présente et il semblerait que le rap français se dirige vers une américanisation du rap. L'album de Booba (ex membre de Lunatic) "Temps mort" donne le ton des années à venir.
C'est avec l'apparition des radios libres que le rap commence à être radiodiffusé et en 1984 des émissions télés voient le jour comme « Hip-Hop » sur TF1 présenté par Sidney. Il fut le premier rappeur français connu du "grand public".
C'est d’ailleurs grâce à cette médiatisation que le mouvement hip-hop devient populaire en France, qui deviendra la deuxième nation rap.
C’est à la fin des années 80 que le rap français arrive avec les premiers freestyles de NTM, Assassin, Solaar en direct dans l'émission « Deenastyle » sur Radio Nova présentée par Dee Nasty.
Le rap français commence à prendre de l'ampleur et des compil' comme « Rap attitude » permettent de révéler au grand public la 1ere génération de rappeurs français NTM, Assassin, Solaar, IAM, Ministère A.M.E.R.

La médiatisation se poursuit avec « Rapline » sur M6 présenté par le célèbre Olivier Cachin et la naissance de magazines comme « l'Affiche » et « Get Busy ».
Au début des années 90, les rappeurs français commencent à sortir leurs premiers albums et Mc Solaar réussit à intégrer le rap dans le paysage musical français par son style calme et poétique avec le tube "Bouge de là".
Les compilations se multiplient et on voit arriver de nouveaux groupes de plus en plus nombreux.
Le rap positif, léger et funky envahit la musique française avec Alliance Ethnik, Ménélik, Réciprok, Doc Gyneco. Quelques-uns remportent même des Victoires de la musique.
Le rap hardcore est aussi présent : NTM, Assassin ou le Ministère AMER témoignent de la dure réalité avec des textes très crus. D'ailleurs l'affaire NTM (prison+amende+6 mois d'interdiction d'exercer en France pour propos haineux envers la police) fait trembler l'opinion publique.
C'est ce coté du rap français qui est apprécié des puristes.
Entre le rap cool et le rap hardcore, une multitude de groupes font leur premiers pas grâce à des compils de plus en plus nombreuses : les Sages Poètes 2 la rue, Fabe, la Cliqua,TSN ainsi que Cut killer qui sort une multitude de mix-tapes.
En 1997-1998 , des labels se fondent, des crews se forment, on assiste à la naissance rap business qui fait des ravages aux Etats-Unis.
Les artistes de l'ancienne école reviennent avec un nouveau stylecomme IAM et NTM donnant au rap français sa propre identité. Le temps où on copiait les américains n’est plus.
De nombreux nouveaux groupes apparaissent souvent par le biais de crews très puissants comme le Secteur Ä, le Côté Obscur ou Time Bomb : Arsenik, Hamed Daye, Fonky Family, 3ème œil, KDD, Oxmo Puccino, Lunatic, Expression Direkt, La Brigade.
La radio Skyrock devient LA radio rap en France et va énormément participer à la promotion des nouveaux groupes.
Le rap français se divise alors en deux: le rap commercial qui passe partout et génère beaucoup d'argent et le rap underground qui sera même boycotté et qui ne rapporte presque rien mais où les MC aiguisent leur style qui plaît à la masse.
Cette séparation souvent involontaire est symbolisée par Stomy Bugsy qui est passé du rap le plus harcore au rap le plus commercial. Mais ce ne sont pas les artistes qui dérivent, ce sont les maisons de disques qui (attirées par le bon filon du rap) sortent les titres les plus commerciaux des albums et véhiculent une image fausse de l'artiste. Cependant, de très bons albums sortent comme le 4ème de NTM qui fait l'effet d'une bombe, comme les albums d'Arsenik, Ideal J, Busta Flex, Zoxea … . Des compiles comme "Sad hill" et "ma cité va crack-er" relancent le vrai rap et réunissent des rappeurs célèbres et des inconnus de toute la France. Les concerts dans de grandes salles se multiplient démontrant le talent des rappeurs sur la scène.
Le rap est maintenant ancré dans le paysage musical français, a forcé la porte de tous les foyers envers et contre tous, et des débuts de réticences se font sentir dans les hautes sphères. On assiste donc au boycott drastique du rap et à la censure, les concerts sont de plus en plus interdits et les rappeurs ont une mauvaise image. La mode une fois passée, le rap peut enfin se libérer.
En 1999, la nouvelle école lâche ses premières bombes épaulée par les anciens et par Skyrock (qui devient presque indispensable pour
lancer un album).On assiste au succès de Pit Baccardi, Freeman, Bisso na Bisso, Saïan Supa Crew et bien sûr du 113 et de leur crew la Mafia k-1 fry. Le 113 réussit un exploit en étant littéralement adulé par les adeptes du rap et en même temps en remportant 2 Victoires de la musique.
En 2002, la carte du rap français est établie, il n'y a plus de nouveaux crews, les artistes du moment sont dans l'underground depuis longtemps et les quelques nouveaux sons intègrent les grands crews. C'est maintenant au niveau du son que le rap évolue, les instrumentaux deviennent plus électroniques et s'accélèrent. Les textes deviennent plus incisifs et portent moins de messages. La violence est plus présente et il semblerait que le rap français se dirige vers une américanisation du rap. L'album de Booba (ex membre de Lunatic) "Temps mort" donne le ton des années à venir.
# 3 : I.1 : Racines et évolution du rap aux Etats-Unis.

Le peuple afro-américain, est à l’origine du rap. Même traumatisé et victime d’un « lavage de cerveau » collectif remontant à l’esclavage, ce peuple a su conserver les traditions comparable à celle des griots africains (considéré comme étant les dépositaires de la tradition orale) et s’est servis de cette longue tradition verbale.
Les « dozens », sortes d’haïkus sexuels adressés à la mère d’un adversaire ( les fameux « ta mère…» français viennent de là ) datent des années 60.
Quand à ses sources, le rap puise ses influences musicales dans la soul, le blues, le funk et bien sûr le jazz qui laisse une grande place à l’improvisation .
Ce serait réduire le Rap, que de le faire démarrer en 1979 : année du succès inattendu de « Rappers Delight », tube mondial pour le groupe Sugarhill Gang.
En effet, les racines du rap remontent au moins à la fin des années 1960 et à l’apparition des Last Poets, un collectif de jeunes noirs militants qui ont mis leur rage en rimes et en percussions. Les textes sont engagés et violents, ce qui vaut au Last Poets d’être espionnés par le FBI. Leur rencontre avec Malcom X, et leur fréquentation tel que les Black Panthers sont considérés comme une menace pour l’Etat. En 25 ans de carrière, ce groupe n’a jamais changé les messages véhiculés par leur musique, même sous le poids de l’Etat.
Les origines du Rap, se sont aussi les Sound Systems jamaïcains. En Jamaïque, la musique se colporte avec des camionnettes aux hauts parleurs énormes qui, d’un bout à l’autre de l’île, jouent et font circuler les tubes reggae du moment.
Depuis les années 60, les Sound Systems inondent la Jamaïque accompagnés de « Toaster » qui s’emparent du micro pour raconter des histoires sur des instrumentaux.
Le parallèle avec les block party New-Yorkaises qui ont marquées le début du Rap aux Etats Unis est évident. Effectivement, les premiers DJ stars américains étaient des gens comme GrandMaster Flash ou DJ Kool Herc. Ce dernier , fasciné par les disques de James Brown anime une soirée pour l'anniversaire de sa sœur dans la cave de son immeuble du Bronx (New York) en 1973 et a l’idée novatrices d'utiliser deux platines afin de pouvoir enchaîner sans pauses les morceaux et de faire durer les breaks, ces passages rythmiques où tout disparaît au bénéfice du beat, du tempo nu. Dès lors, les soirées se multiplient pour lui, les danseurs viennent en masse pour donner libre cours à leurs improvisations. Il continuera à s’exécuter de la même manière pour différentes « block parties ». Dans chacune d’entres elles, il aura l’idée de faire monter sur scène une « célébrité » du quartier pour ambiancer la fête en débitant des paroles festives. Par cette simple entreprise KOOL HERC, devient l’instigateur du rap, industrie qui brassera des années plus tard des milliards de dollars.
Tout article rapide sur l’histoire de la culture rap démarre invariablement avec le tube « Rappers Delight » du trio Sugarhill Gang, qui n’était qu’un groupe monté de toute pièce par la productrice Sylvia Robinson (chanteuse soul avant de toucher beaucoup d’argent grâce à ce titre).
Autre rap historique sortie en 1979 : « King Tim III » de Fatback, un groupe funk qui avait invité un présentateur radio à parler sur leur musique. Ces quelques chansons, si elles marquent la naissance discographique du genre, ont pourtant toutes des liens avec un riche passé. Les acteurs de la scène rap ont grandi aux sons des mêmes musiques noires traditionnelles, du funk, de la soul, et même du gospel.
Les premiers rappeurs des années 1979-1982 racontent des anecdotes, occupent l’espace avec des rimes matérialistes ou ventardres.
Mais en 1982, les premiers signes de la nouvelle vague plus sociale dans le hip-hop apparaissent. En outre, le rap accède à l’âge adulte par la grâce d’une chanson, véritable pierre ang
ulaire de cette saga musicale venu de l’underground : « The message » de GrandMaster Flash sortie en 1982. Ce titre marque symboliquement une rupture. Il décrit un paysage urbain qui ressemble à l’Enfer de Dante ( célèbre œuvre d’art) : des cafards dans la cuisine et des junkies dans le jardin publique. La fête est fini, les années 80 viennent réellement de commencer.Cette même année c’est Bambaataa, "The Godfather of Hip Hop" (le parrain du Hip-Hop) qui fait entendre la voix de la Zulu Nation, en sortant "Planet Rock", qui fut un tube mondiale. Il est l’instigateur d’une alternative pacifiste aux différents gangs violents qui contrôlaient la plupart des quartiers défavorisés de New York. Via des chansons comme « Lookin’ for the perfect beat », il invite la population de ces ghettos à l’hédonisme, et à un regard plus positif sur la vie.
Le Hip Hop commence à sortir du microcosme du Bronx, des rappeurs émergent de tous les quartiers de New York, et une nouvelle histoire du Hip Hop est en marche. Le groupe du Queens, Run DMC apporte un son révolutionnaire au Hip-Hop : un son plus agressif et percutant . En effet, les rimes sont nettement plus libres. Le groupe va révolutionner l’image du rappeur, en adoptant le style vestimentaire Adidas , et assaisonnera son rap de rock avec des morceaux comme "King Of Rock" et "Walk This Way" en duo avec le groupe de hard rock Aerosmith.
Les groupes et rappeurs/rappeuses se multiplient. Ils foisonnent dans tous les boroughs de New-York : de LL Cool J à Roxanne Shante en passant par Eric B , KRS One de Boogie Down Productions. Toute une nouvelle génération arrive.
Dès 1985, le Rap se développe à une vitesse phénoménale aux Etats-Unis.
Le rap à contenu social mis en place par « The Message » continue son ascension avec les groupes comme Public Enemy, groupe controversé, qui impose sa différence dès ses débuts. En effet, Public Enemy délaisse le côté festif pour dénoncer les inégalités sociales et raciales. Leurs textes sont plutôt virulents, Chuck-D un des membres du duo s’attaque même à deux icônes de la culture blanche dans le titre « Fight The Power » :
« Elvis was a hero to most / But he never meant shit to me you see / Straight up racist that sucker was / Simple and plain / Motherfuck him and John Wayne / Cause’ i’m black and I’m proud […] / Most of my heroes don’t appear on no stamps »
« Elvis était un héros pour la plupart / Pour moi c’était un moins que rien / Un foutu raciste purement et simplement / Qu’il aille se faire foutre lui et John Wayne / Car je suis fier et noir / Mes héros à moi on les trouve pas sur les timbres-poste ».
De même, le single « Public Enemy Number One » pose les bases de la philosophie radicale du groupe, dominé par un tandem complémentaire, Chuck-D, le rappeur imprécateur et Flavor Flav le bouffon (au sens légitime du terme bien sûr).
L’année 1986 marque l’arrivée inattendu d’un groupe de punk rock reconverti au rap : les Beastie Boys. Ce trio composé de trois blancs d’un milieu social aisé est bien accueilli par la critique est par les autres rappeurs. Le groupe alternatif, signé sur le prestigieux label Def Jam, est couronné par le succès mondial de « Lincensed to Ill ». Leur album ne reculera pas devant les emprunts au hard rock et les hymnes aux sonorités et messages telles que « (You’ve Gotta) Fight for you right to party ».
L’égotrip constitué de punchlines (en français phrases choc) a aussi sa place au sein du paysage rap avec des artistes tels que EPMD, Kool G Rap & Polo, Ultramagnetic Mc’s, Big Daddy Kane.
L’égotrip est plus ou moins utilisé par tous les rappeurs à un moment donné de leur carrière. C’est avant tout un moyen de s’affirmer voir de s’autoproclamer au dessus de ce milieu de plus en plus compétitif. De plus, il permet aussi des rimes libres, donc une plus grande créativité des textes.
Les divergences au sein du rap décuplent. Beaucoup de scènes différentes apparaissent, même si elles sont assimilées au même genre de musique. Mais la créativité et la positivité en matière de rap ne sont pas en reste : le posse* Native Tongue (Jungle Brothers et A Tribe Called Quest) a comme point commun une vision positive et afrocentriste.
Dès 1988-90, le posse entriste du rap. Il reprend l’idéal du bonheur que véhiculait la Zulu Nation d’Afrika Bambataa quelques années auparavant. Leur son est empreint de jazz, « A Tribe Called Quest » finira même par inviter Ron Carter, le fameux bassiste, sur une des compositions de leur second album, « The Low End Theory ». Il aborde des sujets plus ou moins abstraits et spirituelles et critique le machisme, et la violence que prône le Gangsta Rap.
Au début des années 90 c'est la véritable naissance du rap dans l'esprit plus revendicatif où les textes prennent une importance capitale.
C’est simultanément que le Gangsta Rap émerge sur la côté Ouest du pays : la Californie, un état à 3 fuseaux horaires de celui de New York, berceau du rap. Venu des quartiers défavorisés et sensibles de Los Angeles tels que Compton et South Central, le Gangsta Rap amène des bénéfices colossaux et des polémiques considérables.
« Gangsta, Gangsta », est l’un des premiers 45 tours de NWA. Ce groupe venu de la banlieue de Compton ( ghetto noire très pauvre et plutôt meurtrier). Il raconte :
« Takin a life or two, that’s what the hell I do / You dont like how I’m living ? Well, Fuck you ! / This is a gang and I’m in it / Do I look like a fuckin’ role model ? / For a kid lookin’ up to me / Life ain’t nothing but bitches and money » « Je descends un type ou deux, c’est ça ma foutue occupation / T’aimes pas la manière dont je vis et bien, vas te faire foutre / On est un gang / Est-ce que j’ai l’air d’un putain de modèle à suivre ? / Pour un môme qui m’admire / La vie n’est rien d’autre que les putes et la thunes ».

NWA a certes, un franc-parlé. Leur premier album « Straight Outta Compton » se vend à plus de 2 millions d’exemplaires sans major compagnie (grande maison de disques) pour le distribuer.
Le rappeur californien Ice-T raconte quand a lui méticuleusement un braquage et une poursuite de police. Une vision réaliste à la première personne d’une confrontation entre police et gangster dans « 6 in the morning ». Ces adeptes du récit macabre donnent naissance au Gangsta Rap. Un rap lyriquement plus mélodique et plus accessible que celui de New York, mais lyriquement plus menaçant.
Les années 90 marqueront l’apogée du Gangsta rap avec le triomphe de Dr. Dre, puis de Snoop Doggy Dogg. Dr. Dre, après la séparation définitive de NWA en 1992, a sorti « The chronic », un disque au groove très funk. Le second rappeur longiligne a la rime paresseuse fait quand à lui ses premières apparitions sur la bande original du film « Deep Cover » et sur quelques raps de l’album « The Chronic ». A eux deux, ils écouleront plus de 10 millions d’albums entre » The Chronic », « Doggystyle », et « Murder was the case.
En parallèle, New York n’est pas en reste. La ville reprend le dessus en 1994 avec le collectif du Wu-Tang Clan composé de 9 rappeurs venus de Staten Island. Sous la direction de producteur-interprète RZA, ces artistes s’inspirent de l’imagerie Kung-Fu. Le Wu-Tang retourne aux sources avec un son old school (de l’ancienne école) et des paroliers hors-pairs.
En 1995-96, le rap américain change définitivement avec des artistes comme 2Pac, Notorious BIG, Coolio, puis les Fugees, Nas, Jay-Z et la création de labels très puissants comme Death Row ou Bad Boys Records. Une guerre sans merci éclate entre
ces deux labels. L'un étant sur la West Coast (Los Angeles) et l'autre sur la East (New York City). Death Row comptait parmi ses meilleurs rappeurs Tupac, Snoop Dogg et Dr. Dre tandis qu'à l'autre bout du pays Puff Daddy, The Notorious BIG (Bad Boy Records) étaient les pointures de la East Coast.La chanson de Tupac « Hit'em Up » est sûrement l'une des chansons reflétant le plus l‘atmosphère belliqueuse qu‘il y avait entre les deux camps. En effet, elle fait l’effet d‘une véritable déclaration de guerre. Cette chanson a extrêmement empiré cette rivalité. Dans “Hit'Em Up”, Tupac attaque Puff Daddy, Biggie (The Notorious BIG) et Mobb Deep, la East Coast, Junior M.A.F.I.A et le label Bad Boys en entier. La guerre fait rage pendant des années entre les rappeurs de la côte Est et de la côte Ouest. La compétition est si rude que les rappeurs se font la guerre, non pas avec des mots mais avec des armes.
En Mars 1996, la mort de Tupac marque le déclin de la côte Ouest, qui va s'engluer dans des guerres fratricides liées aux gangs, et ouvre la porte à des dizaines d'albums posthumes et à une adoration quasi-religieuse de Tupac.La nation rap se rendant compte de la dérive violente qui la touche et des pertes qu'elle a entraîné. Elle s'unit alors pour calmer les esprits, comme le symbolise le tube de PUFF DADDY, dédié à son ami Notorious, « I'll Be Missing You ».
1997-1998 : Les textes sont plus revendicatifs, construits et parlent de la vie quotidienne. On assiste à une véritable explosion de rap dans le monde.
En réponse au matérialisme affiché par certains rappeurs ne cherchant que le succès facil
e en recyclant sans aucune originalité des tubes des années 80 (Puff Daddy, Jermaine Dupri...), un nouveau type de poètes-rappeurs se développe, arpentant les bars et les concours d'improvisations comme a pu le montrer magnifiquement le film « Slam ».Par ailleurs, les femmes se font plus présentes sur le devant de la scène avec les succès des "vétérans" QUEEN LATIFAH et MC LYTE et avec l'émergence de nouvelles rappeuses plus que sexy et prêtes à tout pour le succès telles que FOXY BROWN, ou LIL'KIM.
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